Archives par mois de publication: mai 2014

Quand allez-vous mourir ?

Etre acteur de sa vie, c’est aussi penser sa mort. La mort limite. Elle crée en nous, certains d’entre nous, une urgence à vivre. Qu’en serait-il si nous devenions immortels ? Fiction ? Réalité imminente ?

Chirurgien-urologue, auteur, chef d’entreprise, Laurent Alexandre nous livre, lors d’un remarquable TEDx Talk, les dernières vagues d’innovation de la science. Il évoque carrément un tsunami technologique, une médecine personnalisée pour bientôt, notamment, guérir du cancer… qui va toucher une personne sur quatre.

Pourquoi ces avancées ne nous sont-elles pas familières ? Deux raisons à cela dit-il :

  1. La science est encore dans une phase souterraine. Il y a eu assez peu de concrétisation visible par le grand public de ce qui est produit dans les laboratoires. La phase de démocratisation des nouveaux outils ne commence réellement que maintenant. La démocratisation du bricolage du vivant, c’est à partir de 2015.
  2. Les scientifiques eux-mêmes n’ont pas anticipé tout cela.

Si vous voulez savoir ce que sont les technologies NBIC et comment elles vont changer, modifier, bouleverser l’histoire de l’humanité, votre histoire, regardez vite cette vidéo :

Les technologies NBIC, ce sont :

  • La Nanotechnologie
  • La Biotechnologie
  • L’Informatique
  • La Cognitique : science du cerveau et de l’intelligence artificielle.

Les mots sonnent sans doute pour la plupart d’entre nous comme du jargon infâme, mais je vous assure que la conférence – qui ne dure que 12 minutes – est accessible et fascinante !

Certes, l’homme n’est pas fashion, certes il piétine beaucoup, mais Laurent Alexandre est un homme passionné et un orateur passionnant. Son sujet est passionnant. Et il vous passionnera.

Si, en outre, vous êtes intéressé par les techniques de prise de parole en public. Si vous avez lu ou feuilleté mon livre « Le crime de l’orateur », et que vous connaissez le premier secret des grands orateurs : « réussir son entrée et sa sortie. » Si vous voulez savoir ce qu’est une sortie réussie, regardez VRAIMENT la vidéo.

La sortie de Laurent Alexandre est la plus brillante que j’aie vue jamais. La plus forte. Et plus jamais vous ne verrez le réel de la même façon.

Bon Vol avec les Aigles les Amis et à bientôt,

Fabian

Bon sang : cessez de rêver !

« Pour survivre, dit Richard Miller, on n’a encore rien inventé de mieux que le rêve. Et le cinéma. » « Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. » Ces mots sont d’Eleanor Roosevelt. « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. » Brel. Enfin, la plus jolie des citations, d’Oscar Wilde : « la sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. »

Le monde applaudit à pleines mains. Les internautes s’échangent ces perles de sagesse à travers les médias sociaux. Moi-même j’ai dû poster ces phrases en guise de statuts sur Facebook.

Pourtant, à y regarder de près, Miller, Roosevelt, Brel, Wilde, ne nous disent rien d’autre que de nous comporter en lévriers. Vous avez déjà vu une course de lévriers ? Ils se précipitent derrière un leurre. Un LEURRE ! Une espèce de faux lapin qui bien sûr leur échappe, sans quoi la course se terminerait trop vite. Dupes les chiens ? Pas sûr. La fin de la course n’est pas vaine. Pas complètement. Ils ne dévoreront jamais ledit (faux) lapin mais recevront de la viande quand même. Une autre viande. Un autre gibier qu’ils auront cru chasser. Ainsi on trompe les chiens. Ainsi on s’assure de leur naïveté lors d’une course prochaine. Que demande le peuple ? Du pain et des jeux.

Au moins les chiens mangent quelque chose.

Vraiment, cela vous intéresse de poursuivre un rêve assez grand et de crever avant que de l’avoir touché ? Vraiment, allez-vous, allons-nous vivre la tête en l’air, le regard posé sur un horizon aussi lointain qu’improbable ? Vers des étoiles qui nous font miroiter un meilleur futur ? Vers des promesses ? Juste des promesses ?

La seule promesse est notre finitude.

Je ne veux pas mourir en poursuivant un rêve qui s’échappe, un rêve qui me nargue. Les rêves nous détournent du réel et oui Monsieur Miller, ils permettent de survivre. Pas de vivre.

Lors de ma première année au Cours Florent, une école de théâtre, Valérie Nègre, notre professeur, nous a demandés à Jérôme, Eric et moi, d’improviser une scène. L’angle : un tableau. « Les raboteurs ».

S'agenouiller ou rêver debout ?
Les Raboteurs

Les Raboteurs de parquet est un tableau du peintre français Gustave Caillebotte réalisé en 1875. Cette peinture à l'huile sur toile est conservée au Musée d'Orsay, à Paris.

Emporté par je ne sais quelle rage – le mot n’est pas trop fort ! -, je me suis alors vu me lever et conspuer ce dieu auquel je ne crois plus depuis si longtemps. Je lui disais que je ne voulais pas que ma peau soit en lambeaux, comme les copeaux de ce foutu parquet. Que je ne voulais pas être à genoux. Que je voulais vivre debout. Crever debout. « Crever d’bout t’entends ? J’veux crever d’bout ! » Les derniers mots de ce monologue improvisé.

Ma propre violence ce jour-là m’a sidéré. D’où venait cette rage désespérée ? Quand on crève justement, on n’est pas debout. Jamais.

Pas plus que ce jour-là je ne veux vivre à genoux. Mais debout devant la finitude. Mais conscient.

Mes rêves ? Je me contrefous de mes rêves. Réellement. Qu’ils aillent au diable ou à dieu. Je ne veux pas du rêve. Le rêve, c’est du néant. Je veux du palpable. Du vrai. De l’authentique. Je ne veux pas de néant avant le néant. Je veux du réel avant le néant. Je veux des rêves, mais avec des échéances. Et ça, ça s’appelle des PROJETS.

Les Aigles ne rêvent pas. Ils agissent et alors s’envolent. Que j’aimerais être comme ça.

Bon Vol avec eux les Amis !

Fabian

Vendeurs : comment trouver le bouton magique de votre client ?

Mon amie Emeline est jeune, jolie et brillante. Débauchée récemment dans une grande entreprise, elle apprend de son manager direct que son nouveau PDG tient des propos méprisants à son égard. « Tu l’as engagée parce qu’elle est jeune et mignonne, c’est ça ? », aurait-il dit. Furieuse, blessée, vexée, Emeline trouve alors le moyen de renverser une première impression moyenne.

Ledit PDG est médiatique et certaines de ses interventions dans les journaux télévisés, sont évidemment sur YouTube ! Emeline en déniche quatre et les décrypte. Lors de chaque interview, il prononce avec force les mots « transparence » et « intégrité. » Elle comprend que ce sont là deux valeurs importantes pour lui, deux valeurs-clés.

Emeline
Emeline

Vient le jour de la première réunion officielle avec ce monsieur. Et Emeline, incidemment, subtilement, glisse, au fil de la conversation, les deux mots magiques. Le regard s’éclaire, le visage se détend. Le sourire se décrispe. L’homme est conquis. La belle n’est pas seulement belle. Elle partage avec lui des valeurs fortes.

La deuxième impression a balayé la première.

Comment mieux réussir la connexion avec son client sinon en comprenant quelles sont les valeurs importantes pour lui ?

Vous me direz qu’il s’agit de manipulation ? D’accord. Mais si elle permet la création d’un réel lien, d’un réel rapport, pour ensuite évoluer vers un objectif commun, est-ce blâmable ? Quid alors du sourire du boucher qui vous accueille ? Manipulation ! Je souris car j’ai compris le proverbe chinois : « celui qui n’a pas appris à sourire, ne doit pas ouvrir boutique. » Est-ce blâmable de sourire pour créer du lien ? Au minimum, c’est surtout professionnel.

Emeline : Intelligente, jolie et … cavalière ! Ici sur sa jument Tamara.
Emeline : Intelligente, jolie et … cavalière ! Ici sur sa jument Tamara.

 

Vous me direz aussi que tous vos clients n’ont pas nécessairement une vidéographie sur You Tube ! D’accord encore.

Heureusement, il y a d’autres moyens de découvrir les valeurs de l’autre.

Demandez-lui, par exemple, en quoi c’est important pour lui.

Voici, en guise d’illustration, une esquisse de dialogue entre un vendeur de chevaux et un cavalier … à pied ! Bon, chacun ses exemples 😉

Vendeur : Qu’est-ce que vous cherchez comme cheval, monsieur ?

Cavalier : Un cheval chic, joli, entre 1,55 et 1,65m, très équilibré, bien dans sa tête et surtout très rapide !

V : Très rapide ?

C : Oui vraiment. J’adore la sensation de vitesse. C’est un kick formidable !

V : Et en quoi est-ce important pour vous la vitesse à cheval ?

C : Ça me donne une impression de liberté (bouton magique !) extraordinaire, fantastique !

V : Je comprends bien ça : qui n’a pas galopé dans un champ à bride abattue, ne connaît pas cette liberté-là ! Vous avez raison. (Il réfléchit en silence et son silence équivaut à un Mississippi, deux Mississippis) Alors … j’ai le cheval qu’il vous faut (encore un silence) : Ombre ! Une jument Pur-Sang jolie, gentille - jamais un coup de cul – et qui ne demande qu’une chose : GA-LO-PER. Elle est bâtie pour la vitesse pure. Ombre vous emmènera vers la lumière Monsieur. Avec elle, votre sensation de liberté sera plus intense que jamais ! VOUS serez plus libre que jamais !

Je l’admets, c’est caricatural. Mais si vous êtes sincère, transparent et intègre (!), ça fonctionne !

Il est temps de descendre de cheval pour nous envoler... avec les Aigles !

A bientôt les Amis,

Fabian