Comment vaincre sa peur ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian !

Fabian :  Hello Pablo !

Comment vaincre sa peur ou la peur ?
Tout simplement, se jeter à l’eau, peut-être ?

Oui, effectivement, la peur est apprise par la répétition et désapprise par la répétition.
Nous avons une passion en commun Pablo. Les auditeurs ne le savent pas., mais nous sommes tous les deux passionnés d’équitation. Et quand on tombe de cheval, qu’est-ce qu’il est recommandé de faire tout de suite ?

Remonter tout de suite ! Illico presto.

Alors si on est complètement déglingué et prêt pour les urgences, c’est compliqué.
Sinon, effectivement, de recommencer tout de suite afin que l’ancre ne se crée pas.
Que ne se crée pas un ancrage et qu’on n’associe pas le cheval au danger et qu’on puisse tout de suite…
Un peu comme si vous coulez une chape de béton. Il est encore liquide et vous marchez dedans.
Et bien juste derrière, il faut repasser – je ne sais pas, je n‘y connais rien, je ne suis pas bricoleur – mais il faut repasser sur le béton pour le relisser.
Mais si vous attendez que ce soit solidifié, c’est trop tard, on verra toujours les marques de vos pas.
Et bien, la peur c’est la même chose.
Vous tombez de cheval, remontez tout de suite. Et de quoi avez-vous besoin ? C’est le point de cette Minute du Coach.
Vous avez besoin de cette vertu dont nous avons déjà parlé, le courage.
Le courage, dixit Churchill, qui est la première de toutes les vertus, qui détermine toutes les autres.
Le courage, disait Platon, qui est une vertu cardinale.
Le courage, disait Aristote, qui est le juste milieu entre la couardise (la lâcheté) et la témérité.
Et ce qui est intéressant, c’est qu’Aristote précisait que le courage s’apprend.
Je reviens à la métaphore équestre : quand on apprend le saut d’obstacles, par exemple, on met d’abord une barre au sol. Et puis, on la monte de quelques centimètres. Et puis encore de quelques centimètres. Et puis un jour on passe à 1,40 mètre, mais on n’a jamais fait qu’augmenter de 5 ou de 10 centimètres.
Donc l’écart, le décalage, n’est pas si important.
Par contre, si je passe de la barre au sol à la barre à 1,40 m, ça va vraiment me mettre le trouillomètre à zéro.
Et ce que je vous propose, c’est d’affronter vos peurs en vous obligeant à aller en dehors de votre zone de confort. On sait que rien de grandiose ne se produit dans la zone de confort.
Alors, vous pouvez aller dans la zone d’effort.
Mais comme vous avez déjà appris grâce à la Minute du Coach, qu’il faut bien nommer les choses, vous ne la nommerez pas zone d’effort, vous la nommerez zone de magie.
Et dans la zone de magie, tout peut se produire. Y compris semer quelques graines de courage. Souvent, nous n’avons besoin que de quelques grammes.
Par exemple, un de mes meilleurs amis m’a offert, il y a quelques années, un saut à élastique. Alors que j’ai une phobie du vide absolument épouvantable.
J’ai utilisé toutes les techniques que je connaissais pour me coacher moi-même et je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin de quelques tonnes de courages pour me jeter dans le vide mais juste de quelques grammes.
Et une fois que j’étais dans le vide, ma foi, je n’avais plus qu’à me laisser pendre. Donc, affrontez vos peurs en ayant un tout petit peu de courage.
La fois suivante, vous aurez un tout petit peu de courage supplémentaire, mais la barre sera un tout petit peu plus haute et vous serez de plus en plus courageux. Vous affronterez vos peurs et vous les désapprendrez, ce que je vous recommande.

Et comment trouver ce courage, Fabian ?

Alors, moi, je vais vous dire comment je le trouve.
Quand je suis en difficulté, plutôt que de ressasser un discours négatif du genre : “Mon Dieu, j’ai peur, qu’est-ce qui va m’arriver, ce n’est pas possible, pourquoi je me suis embarqué dans un tel projet ? “
Je me dis tout simplement : “Je suis un aigle”.
Je me tiens droit. J’ai les pieds légèrement écartés. Je mets le poids sur les talons.
Je me concentre sur ma respiration, bien sûr. Une belle respiration basse, dite aussi diaphragmatique. Je respire profondément.
Je visualise la situation telle que je veux la vivre, à plusieurs reprises. Je me conditionne. Je prépare mon cerveau, parce que mon cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est réel et imaginaire.
Donc, tant que je suis en train d’imaginer par exemple ce saut à l’élastique parfait, et bien pour mon cerveau, c’est comme si j’étais déjà en train de vivre ce saut à l’élastique.
Et puis je me dis : “Je suis un aigle”.
Et bien je vais vous dire, Pablo, le jour où j’ai sauté, j’ai même chanté :
« I believe I can fly. I believe I can touch the sky ».

 

 

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