Archives par mois de publication: septembre 2019

Développement Personnel

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Il est formActeur, il est chanteur, il est philosophe. Il a plein de cordes à son arc.
Il est aussi aux commandes de la Minute du Coach, sur Sud Radio.
Voici mon ami, Fabian Delahaut. Bonjour.

Fabian :  Merci pour cette belle introduction, Pablo. Bonjour.
J’ai l’impression d’être Robin Des Bois à tes côtés, un personnage qui me fascinait quand j’étais gamin.

C’est une expression qui a le vent en poupe “le développement personnel”, mais c’est quoi précisément, Fabian ?

On va en parler, justement, parce que parfois je ne suis pas toujours sûr que les gens comprennent exactement à quoi cela renvoie.
Je vais tenter de l’expliquer à ma manière, avec la métaphore sportive et plus spécifiquement le développement musculaire.
Si vous allez en salle de fitness, pour gagner en muscle, pour développer votre masse musculaire, impérativement vous devrez continuer votre effort au-delà de la douleur.
Qu’est ce qui se passe ?
Je vais le dire très schématiquement, les experts vont certainement tomber de leur chaise et vont se dire : “C’est qui ce philosophe-acteur qui raconte des niaiseries ?”
Je vais simplifier à outrance pour être pédagogue.
En gros, on casse le muscle, puis pendant la phase de récupération, alors il gagne en volume.
Mais cela ne fonctionne, je le répète, que si je vais au-delà de la douleur.
Si votre coach vous dit : “Voilà, tu vas soulever tel poids à 10 reprises”,
que vous le soulevez à 10 reprises et qu’après la séance, il ne s’est rien passé, vous n’avez même pas eu mal, je peux vous dire que cette série n’a servi à rien. À peine un échauffement.
Donc, je ne peux pas mettre mes muscles en permanence dans l’effort, sinon je vais avoir des déchirures musculaires. Je vais mettre ma santé en danger. Mais le développement de ma masse musculaire passe invariablement par ce seuil de la douleur que je dois dépasser.
Le développement personnel, c’est quoi ?
La même chose, pardi !
Je ne peux me développer qu’en dehors de ma zone de confort.
Dans ce qu’on appelle la zone d’efforts pour les uns, la zone de magie pour les autres qui veulent la renommer ainsi.

Prise de risque, donc ?

Au théâtre, on dit même : “Est-ce que l’acteur se met en danger ?”.
Et c’est bien ça qui est problématique.
Tout à l’heure, une question en off se posait entre nous : la différence entre les gens qui réussissent et les autres ? On pourra revenir sur cette notion-là.
Et bien sûrement que ceux qui réussissent se mettent en danger, prennent un minimum de risques, que les suiveurs …
Donc les leaders prennent des risques, les suiveurs n’en prennent pas ou quasi pas.
On “légume”, on reste dans un environnement qui nous surprotège, qui nous sécurise. Mais on ne tente rien.

Les autres ont une forme d’audace ?

Oui, certainement. Et même de courage. J’aime la notion de courage.
J’en ai déjà parlé ici. Cette notion dont Aristote nous disait que le courage s’apprend.
Le courage, expliquait Aristote, est le juste milieu entre la couardise et la témérité.
Et Churchill – je l’ai déjà expliqué à ce micro – a dit du courage : “c’est la première de toutes les vertus, celle qui détermine toutes les autres.”
Donc oui, le développement musculaire demande du courage. Après une journée de travail, aller en salle de sport et se faire suer, c’est extrêmement exigeant.
Ça implique beaucoup de discipline et c’est plus difficile que de s’allonger dans son canapé.
Le développement personnel, c’est la même chose.
Ce qui veut dire que je ne peux pas être sans arrêt dans l’effort, je dois m’octroyer des phases de repos pour le développement, mais régulièrement je dois être attentif à ça parce que personne ne le sera ma place.
Par exemple, nous aimons les chevaux tous les deux. Si on met un cheval, un crack qui vaut des millions dans une prairie pendant un mois, après un mois on retrouve un cheval qui a une panse de prairie.
Il n’aura pas pris soin de sa condition physique. Certainement pas.
Mais nous pouvons aller aussi loin. Nous ne sommes pas obligés d’attendre que la motivation vienne d’ailleurs.
Je ne pense pas que quelqu’un puisse motiver quelqu’un d’autre.
On peut offrir un environnement propice, mais la motivation, ça part de l’intérieur.
C’est à vous de décider si vous êtes un leader ou un suiveur, si vous pouvez transpercer votre zone de confort.
À bientôt les amis.

 

Combien de livres faut-il lire dans sa vie ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo

On va parler de lecture.
Combien de livres faut-il lire dans sa vie ? Pour être intelligent ?

Par exemple.

Quel type de livres aussi ?

Il y a de ces dictatures et de ces fanatismes qui me crispent, mon cher Pablo.
Par exemple, aujourd’hui, dans une certaine tribu d’entrepreneurs, il faudrait presque croire que l’entrepreneur moderne, de facto, il est végétarien ou vegan. Il fait de la méditation. Il fait du sport, des arts martiaux. Et évidemment, il est heureux.
La dictature ambiante du bonheur m’agace.
Même si ça fait partie de l’ADN de mon entreprise, de la Eagle Academy,je trouve que ça devient finalement culpabilisant d’expliquer à tout un chacun qu’il est censé être heureux et que, bon sang, s’il ne l’est pas, quelle catastrophe !
J’ai déjà expliqué à ce micro que nous ne sommes pas tous équipés de la même manière et par rapport au bonheur non plus. Point 1.
Point 2 : dans cette même tribu, cela la dépasse largement, il est entendu, il est convenu aussi que la lecture est un incontournable : nous devrions tous lire !

C’est de bon ton ?

Mais oui, c’est de bon ton. C’est la moindre des choses.
“Tu ne lis pas, tu n’es pas un lecteur, oh là là, au secours, mais que vas-tu devenir ?”
Je ne vais pas cracher dans la soupe. Je suis un lecteur. J’ai fait des études de philosophie, c’est difficile d’aller au bout d’études de philosophie si vous ne lisez pas un minimum.
Mais ce qu’on sait moins, c’est que, de nouveau, nous ne sommes pas à égalité sur ce plan.
La plupart des gens s’imaginent qu’on devient lecteur parce que, par exemple, notre environnement est propice. Vous avez un père qui lit, une mère qui lit, une tante qui lit, … Et que donc cet environnement fait de vous un lecteur. Mais en fait, c’est faux.
On s’est aperçu que, là encore, la génétique avait son mot à dire. Donc si vous n’aimez pas lire, ça peut très bien se comprendre.
Ce qui ne veut pas dire que je vous décourage de lire, pas du tout. Ce n’est pas le sujet.
Je suis simplement en train de vouloir tenter de vous déculpabiliser. Mais j’espère, malgré tout ça, vous donner le goût de la lecture.
Quant à savoir combien de livres lire…
Alors certainement c’est beaucoup plus intellectuellement ébouriffant de lire que de regarder la télévision, en tout cas ça dépend ce que vous lisez.
Et certainement lire de grands romans, on parlait en off de “À la recherche du temps perdu”, de Marcel Proust.
Enfin, il y a des tas de romans extraordinaires et exceptionnels qui méritent d’être lus.
Et cela développe, je l’ai déjà expliqué, des synapses, donc des connexions entre les neurones, c’est vrai.
Cela dit, quand on pense aux livres qui ne sont pas de la littérature, qui ne sont pas des romans, des livres par exemple de développement personnel ou des livres sur votre métier, sur l’activité qui vous permet de subvenir à vos besoins, et bien là je vais vous dire :
“Il vaut mieux lire 1 livre et en faire quelque chose que 50 et n’en rien faire du tout.”

Je vais me permettre de glisser dans la conversation. Si vous avez l’occasion de le trouver et de l’acheter, lisez surtout “Le crime de l’orateur” de mon ami Fabian Delahaut.
Bon vol avec les Aigles.

Merci Pablo.

 

Comparaison n’est pas raison

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Merci de nous suivre ici et via le replay, à votre disposition 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sur sudradio.be.
Vous pouvez y réentendre les précédentes séquences de la Minute du Coach.
Et il y a de la matière, n’est-ce pas Fabian ?
Bonjour.

Fabian :  Bonjour.

Comparaison n’est pas raison.

Oui. Je vais vous raconter une histoire.
C’est une vidéo, que j’aime bien montrer en formation, où on voit – c’est une expérience en laboratoire – deux singes capucins qui sont dans deux cages contiguës.
Ils sont tous les deux livrés à la même tâche. Ils ont exactement les mêmes opérations à effectuer, il y a une dame qui leur donne un petit caillou à travers les barreaux de la grille.
Au tout début, tout se passe bien.
En guise de récompense, de cadeau …

Des cacahuètes ?

Non, justement pas, c’est ça qui est intéressant.
Le singe capucin de gauche reçoit un morceau de concombre. Un concombre, en gros, c’est de l’eau, ça n’a pas beaucoup de saveur, mais ça lui va. Il continue d’effectuer cette tâche et de recevoir son morceau de concombre.
Jusqu’au moment où son voisin, effectuant exactement la même tâche, reçoit lui un grain de raisin.
C’est autrement plus sexy et savoureux qu’un morceau de concombre.
Et vous voyez le premier singe qui donc se compare – comparaison n’est pas raison – et qui devient complètement fou, qui prend le morceau de concombre, qui le jette.
Le deuxième morceau de concombre, il le jette aussi. Il secoue les barreaux de sa cage.
Donc c’est drôle. Mais quand on se met dans les chaussures, qu’il n’a pas, du singe, ce n’est pas si drôle que ça, parce que pour lui c’est une déflagration.
Ce que je trouve que ça illustre bien, c’est à quel point la comparaison nous rend malheureux.
Quand vous vous comparez à l’autre, vous êtes toujours malheureux. Il y a toujours quelqu’un qui a plus, qui est plus, qui est plus grand, qui est plus beau, …

C’est tellement injuste.
C’est le syndrome de Calimero, ça ?

Un peu, oui. Mais quand vous comparez à vous-même, il y a 10 ans ou 20 ans, quand j’étais plus jeune, quand ceci, quand cela, ou quand vous comparez à la personne que vous auriez eu envie de devenir, …
Dans tous ces cas de figure, cela va aboutir à une frustration.
Il y a une autre étude. Je n’ai pas les chiffres en tête, je vais donner des chiffres indicatifs, mais je trouve ça très interpellant.
On avait demandé à un groupe de gens s’ils préféraient gagner 100 000 euros par mois et que, autour d’eux, leurs proches gagnent 50 000 euros ou s’ils préféraient gagner 150 000 euros et qu’autour d’eux leurs proches gagnent 200 000 euros.
Eh bien, tu te doutes, Pablo de la réponse de la vaste majorité.
Elle était en faveur de la première solution : je préfère gagner moins, c’est à dire 100 000 et non 150 000 mais qu’autour de moi, les gens gagnent 50 plutôt que 200.
Une fois de plus, c’est mon rapport à l’autre qui m’intéresse.
Ce qui est très intéressant par rapport à la question première que vous vous posez quand vous faites n’importe quel achat, que vous achetez une voiture, un appartement de vacances ou une boîte de raviolis.
Pablo, est-ce que tu sais quelle est la première question que tout un chacun se pose (c’est inconscient, le plus souvent) ?
“Est-ce que cet achat renforce mon statut social ? Est-ce que cela renforce mon intelligence sociale ?”
C’est la première question qu’on se pose.
Pour une voiture, on se doute. Pour un appartement de vacances, on se doute. On aime bien étaler ses vacances sur les réseaux sociaux, dire qu’on va aux quatre coins du monde. C’est bon pour l’estime de soi.
Pour une boîte de raviolis, c’est un peu moins attendu.
C’est mon ami et neuromarketeur, neuroscientifique, Romain Bouvet, qui m’a éclairé sur cette question. Je l’ai trouvée fascinante.
Je vous invite, pourquoi pas, à vivre de saines émulations mais à ne pas vous comparer.
Profitez de l’instant présent et volez avec les Aigles.

 

Une technique en 4 étapes pour écouter

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Salut Fabian.

Fabian :  Salut Pablo.

La séquence du jour s’appelle “Une technique en 4 étapes pour écouter.”

Très sincèrement, si j’avais pu, je l’aurais intitulée : “Eric, Erac, on va sketter l’baraque.”
Parce que je suis Montois, que j’aime revendiquer ça et parce que je suis fan du Doudou.

Est-ce qu’il existe une équivalence pour les Carolos qui nous écoutent ? Les Mouscronnois ? Et les Tournaisiens ?

Le Doudou n’a aucune équivalence, je vais être très chauvin, mais par contre “Eric, Erac” je pense qu’ils connaissent aussi à Charleroi et à Mouscron.
Pourquoi “Eric, Erac” ?
Parce que l’écoute, on en parle énormément sur les réseaux sociaux, souvent ça pleut, “écoutez l’autre”, etc…
On nous raconte aussi que les meilleurs vendeurs de la planète sont des gens qui sont dotés d’une grande empathie. Mais ça c’est archi-faux.
Les meilleurs vendeurs sont des psychopathes en réalité. C’est à dire qu’ils n’ont pas d’empathie, qu’ils appliquent les techniques de manière stricte.

Ce sont des pitbulls ?

Oui, complètement. Mais ça ne fait pas plaisir de dire ça donc on préfère se raconter de jolies histoires telles que : “les bons vendeurs sont à l’écoute et plein d’empathie”.
On aime en général se raconter des histoires de princes charmants.
C’est comme se dire que les personnes qui réussissent dans la vie sont des belles personnes, qui sont généreuses, …
Je ne dis pas qu’il n’y en a pas, mais je dis que, le plus souvent, les gens qui trustent les hauts postes dans les grandes entreprises, ceux qui ont des succès financiers et statutaires très importants, le plus souvent ce ne sont pas des gens doués d’empathie et dotés d’empathie.

Ils sont opportunistes, peut-être ?

Disons qu’ils n’hésitent pas à couper des têtes.
Mais c’est aussi vrai dans le show-business que tu connais si bien.
Un jour, un producteur m’a dit, il m’avait entendu chanter : “C’est très bien ce que vous faites, vraiment, très très bien. Vous êtes bon sur scène, vous avez une bonne voix, de bonnes chansons.”
Je me dis : “Il va me faire signer un contrat !”
Et il me dit : “Vous êtes prêt à tuer quelqu’un pour y arriver ?”
Je balbutie.
Il répète : “Vous êtes prêts à tuer quelqu’un pour y arriver ? Vous êtes trop gentil, Monsieur, vous êtes trop sensible, ça se voit tout de suite.”
Ma carrière de chanteur s’est arrêtée ce jour-là. D’ailleurs tu n’étais pas loin.

On parlera des bons vendeurs une prochaine fois, alors, peut-être ?

On revient à l’écoute alors, si tu veux bien, si on prend quelques minutes.
Donc, pour bien écouter, parce que si les meilleurs vendeurs sont des psychopathes, on n’est pas obligé d’être psychopathe nous-mêmes – d’ailleurs on ne décide pas – et ça ne doit pas nous priver d’être à l’écoute de l’autre.
Mais à l’écoute vraiment de l’autre.
A l’écoute dans l’instant présent.
Pas “je t’écoute parler et pendant que tu me parles, je réfléchis déjà à ma réponse.”
Donc, écoutez non pas pour répondre, mais écouter pour comprendre.
La technique en 4 étapes que je propose s’intitule E.R.I.C.
“E : j’écoute”.
J’écoute et je te regarde.
J’ai le corps ouvert. J’opine du bonnet, éventuellement, Je souris pour t’encourager à t’exprimer. Je ne te coupe pas, sauf si tu as la diarrhée verbale, ce qu’on appelle la logorrhée.
Sinon, je ne te coupe pas. Quand tu as terminé de t’exprimer, je laisse un léger silence pour être bien sûr que j’ai tout reçu.
Un peu comme si j’imaginais que j’appuie sur “Enter” sur mon clavier d’ordinateur …
Puis je reformule : “Si je te comprends bien, Pablo, …” et je redis ce que j’ai compris.
Et je termine cette reformulation avec une question du type : “C’est bien ça ?”
L’autre peut alors rectifier le tir, si je n’ai pas exactement bien compris sa demande, ou donner un éclairage nouveau parce qu’il s’aperçoit que j’ai perçu une partie de ce qu’il m’a dit mais pas tout.
Donc “E : Écouter”.
“R : Reformuler”.
“I : Interroger”.
Parce que fatalement il nous manque des détails, alors je vais te demander : “Qu’est ce que tu entends exactement par … ?”
Cette question-là ou ces questions-là vont permettre de creuser davantage.
Et je continue de t’écouter mais avec neutralité.
Je ne suis pas en train de dire quelque chose du style : “Qu’est-ce que tu penses des gens qui mangent de la viande ?”, qui est effectivement une question ouverte, on est d’accord, mais qui dit d’emblée, dans son sous-texte : “Moi, je suis contre les carnivores.”
Non, je dois rester complètement neutre, disponible, curieux, ouvert.
C’est ça être à l’écoute.

Sans être dans le jugement ?

Exactement, c’est le mot juste. Pas de jugement.
Je suis disponible pour ta vérité à toi. Je suis disponible pour écouter ce qu’on appelle, ou regarder, observer, ta carte du monde.
J’ai ma carte du monde. Tu as ta carte du monde.
Mais dans aucun des deux cas ce n’est le monde.
Une carte, une carte géographique, c’est une représentation d’un territoire. Mais ce n’est pas le territoire.
La carte, jamais, n’est le territoire.
“C : je Conclue.”
Éventuellement, alors, je donne mon avis.
Mais, jusqu’à présent, je ne l’ai pas donné encore.
Une conversation de comptoir, de bar, ce n’est pas du tout comme ça que ça se passe. On s’interrompt sans arrêt.
Les bons journalistes, ils ne sont pas très nombreux, ils n’interrompent pas, ou très peu, les personnes qu’ils interviewent.
Mais ça, ça peut faire l’objet d’une autre capsule.

 

Comment trouver un job

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Voici une séquence qui risque d’intéresser tous les nombreux demandeurs d’emploi.
Bonjour Fabian.

Fabian :  Salut Pablo.

Comment trouver un job ?

J’adore ton introduction parce que justement, j’avais envie de démarrer avec ça.
Tu dis “ça va intéresser, ça risque d’intéresser les demandeurs d’emploi”.
Ici même à ce micro, j’ai déjà cité Camus, Albert Camus et cette phrase absolument superbe, lumineuse, définitive :
“Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde”.
Alors, nommons-les bien.
Si vous êtes demandeur d’emploi, renommons et transformez-vous en “offreur de services” par exemple.
Rappelez-vous, un médecin, il a des patients.
Un jour, j’ai dit à un ami médecin “tes clients”.
Je parlais de ses clients. Il a érupté, il n’était vraiment pas heureux…
Je lui ai présenté mes excuses. Je lui ai dit : “Tu sais, la dernière fois que je suis allé chez toi, j’ai attendu une heure dans ta salle d’attente, j’ai patienté, parce que je suis patient, sûrement.”
C’est vrai que les mots induisent les comportements et les relations entre les êtres.
En règle générale, je suis un formateur face à des participants et parfois je fais à peu près le même métier : je suis un professeur dans un cadre universitaire face à des étudiants.
On entend tout de suite que le changement de mot indique un changement dans la nature de la relation.
Donc, premier point, je ne suis plus demandeur d’emploi, je deviens un offreur de services.
Et puis il y a quelque chose qu’il faut absolument intégrer, c’est ce qu’on fait en entreprise.
Une entreprise, pour qu’elle dure, pour qu’elle puisse gagner des parts de marché, réaliser des ventes, elle doit à tout prix se différencier. Être différente des autres.
Pourquoi écoute-t-on Sud Radio ?
Parce que Sud Radio propose une programmation qui lui est propre, qui est différente des autres radios que je ne citerai évidemment pas à ce micro.
C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, il y a un grand nombre d’auditeurs fidèles.
Il y a deux types de différenciation.
Il y en a plein … Mais il y a 2 types que je veux aborder absolument aujourd’hui.
La différenciation “a priori” et la différenciation “a posteriori”.
A priori.
J’ai une passion, mais tu le sais, pour “Notre Dame de Paris”, qui est une comédie musicale que j’ai vue 6 fois et le livre je l’ai dévoré.
Et bien, a priori, Esmeralda a très peur de Quasimodo.
Parce qu’effectivement il pousse des grognements sourds, il est laid, il a force monstrueuse. Quand elle apprend à le découvrir, elle voit la belle âme qui sommeille dans en ce corps détruit et elle commence à l’apprécier. Ils deviennent très amis.

Il l’apprivoise.

Il l’apprivoise, c’est vrai.
Donc, a posteriori, elle peut dire : “Waouh, Quasimodo gagne à être connu.”
Donc, première chose à savoir, quand je me profile en tant qu’offreur de services, est-ce que je peux donner envie à l’autre de venir vers moi ?
Vous savez, parfois on dit : “Ah, cette personne gagne à être connue”.
Quand on dit de quelqu’un qu’il gagne à être connu, il y a bel et bien une différenciation a priori.

Il dénote.

Oui, il dénote. Certainement il est avenant, il a un visage ouvert, il sourit, ce qui est quand même la manière la plus simple de créer le sourire chez l’autre.
Et puis, ce n’est pas parce que j’ai eu envie d’entrer en contact avec toi que, après, ce contact, j’aurais envie de le renouveler.
Je leur renouvellerai si et seulement si l’échange a été intéressant, fructueux, riche de part et d’autre.
Donc, différencions “a priori” et “a posteriori”.
Et, a priori, pour vous différencier, ce n’est pas très compliqué.
Moi, il m’est déjà arrivé, dans le cadre de mon job, de scanner de nombreux CV et là, Pablo, c’est une catastrophe.
Tous ces CV sont les mêmes. Tout le monde a le sens des responsabilités. Tout le monde est motivé. Tout le monde a de la créativité. On se dit : “Ils sortent tous du même moule”.
C’est pas intéressant, c’est pas intéressant pour l’employeur.
Donc déjà, dès le départ, dès la lettre d’embauche, souvent avec des fautes d’orthographe, je vais pas faire une généralisation, mais …

Vive les participes passés …

Effectivement. Des CV mal torchés … Non, il faut se différencier à tous les niveaux pour sortir du lot.
Sortez du lot, mais pas au prix du scandale.
Evidemment, si vous allez à votre entretien d’embauche en string, vous sortez du lot, mais je ne garantis pas, sauf si vous postulez dans un cabaret, je ne garantis pas que vous aurez le job.
Quoi qu’il en soit, ça veut dire aussi :
“Devenir, dans son domaine, quelqu’un de complètement unique”.
Je vous donne une anecdote, chers auditeurs.
Il y a de nombreuses années, j’étais dans un café, à Paris et il y avait un barman extraordinaire. Un grand, mince, qui jonglait avec les verres … Un peu Tom Cruise dans “Cocktail”.
Et bien ce barman, foi de Tonton Fabian, jamais il ne sera sans emploi. Jamais !
Et non seulement il ne sera jamais sans emploi, mais il pourra en plus se faire payer beaucoup plus cher que tous les autres parce qu’il crée le show.
Qui dit “je crée le show” dit “j’attire du public dans le bar”.
On sera donc prêt à payer beaucoup plus cher que n’importe quel autre barman pour bénéficier de ses services.
C’est cela que je veux expliquer aux auditeurs aujourd’hui : arrêtez de rester dans le ventre mou du marché et de ressembler à tout le monde, cultivez une différence, cultivez une expertise, devenez extrêmement compétent sur un point en particulier.
Rendez-vous différent a priori.
Offrez une valeur énorme à votre employeur pour une différenciation a posteriori.
Non seulement vous aurez un job mais en plus vous serez très bien rémunéré.
Bon vol avec les Aigles !

 

Comment inspirer confiance

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Salut Pablo.

Chaque semaine, dans la Minute du Coach, tu proposes aux auditeurs d’améliorer leur quotidien et ce matin tu vas leur donner un petit truc, une petite astuce, pour leur donner confiance.
Dans quelle situation ?

Pour que eux-mêmes donnent confiance à leur interlocuteur quand c’est nécessaire, par exemple un entretien de recrutement.
Ou “je veux réussir une négociation”.
Ou “je vais rencontrer mes beaux-parents pour la première fois”.
Mais ce truc, qui est effectivement prouvé, neuroscientifiquement, pour donner confiance ne va pas nécessairement vous aider à séduire.
J’aime autant le préciser tout de suite.
Donc ce n’est pas un cours sur la séduction, on est plutôt ici dans le registre de la vente.
Quand je dis “vente”, je l’entends de manière très générale, très globale.
Pour moi, on vend tout le temps.
Je suis en train de vendre quelque chose. Je vends des idées à ce micro, mais comme les auditeurs ne me voient pas, je n’utilise pas ce truc.
Et quel est-il ? C’est simple comme bonjour.

C’est évidemment dans le regard…

C’est formidable, car on ne s’est pas concerté, donc vous ne saviez pas du tout ce que j’allais dire aujourd’hui.

C’est ça ?

Non, ce n’est pas tout à fait ça, mais presque.

C’est non verbal ?

Oui, c’est le simple fait de porter des lunettes.

Ah bon ? Et donc ?

Quand vous portez des lunettes, vous donnez plus confiance à votre interlocuteur. Bon à savoir.
Pas de soleil, évidemment, des lunettes de vue.

Bon vol avec les Aigles !

 

On se jette à l’eau ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo.

Fabian Delahaut, grâce à qui nous volons avec les aigles sur Sud Radio, dans la séquence la Minute du Coach.
On se jette à l’eau ? C’est important de se jeter à l’eau.

C’est drôle que tu dises ça, sans savoir ce que je vais expliquer maintenant. C’est drôle que tu dises “on se jette à l’eau”.

Jetons-nous à l’eau, alors !

Alors oui, jetons-nous à l’eau avec l’histoire …
L’histoire d’un marin. Un marin à la barbe blanche, aux cheveux blancs, à la peau burinée, qui a traversé toutes les mers, tous les océans.
Il est au soir de sa vie, dans son village, et quelques personnes se sont réunies autour de lui.
On l’écoute raconter ses périples.

C’est un sage ?

C’est un vieil homme, en tout cas. Est-ce qu’on est sage quand on est vieux, je n’en suis pas du tout persuadé. On est juste vieux.
À un moment donné, il y a un petit garçon qui lui dit :
“Alors, tous ces voyages, toutes ces tempêtes, … Finalement, le voyage plus difficile, ce fut lequel ?”
Le vieux marin se tait un instant, puis il dit :
“C’est quand j’ai pris mon baluchon et que j’ai quitté la maison.”

La prise de décision, le passage à l’acte ?

Oui, le passage à l’acte.
Ici, il y a deux “Minute du Coach” en une seule.
La première Minute du Coach, c’est l’histoire que je vous narre, qui vient du livre “Petit manuel d’auto-coaching”, que je recommande, qui est vraiment excellent.
Je la trouve très intéressante, très interpellante car elle nous montre qu’effectivement nous avons besoin de grammes de courage, de grammes d’audace et que souvent ces grammes de courage, on doit les les utiliser à des moments auxquels on ne s’attend pas forcément.
Ce qui est difficile, dans le cas du vieux marin, c’est de décider de partir. Ce n’est pas d’être en pleine tempête.
La deuxième Minute du Coach, c’est pour illustrer le fait que vous expliquer cette notion-là ne peut jamais aussi bien passer que par l’histoire.
Vous ne serez jamais aussi convaincant qu’en racontant une histoire.
Vous ne vendrez jamais aussi bien qu’en racontant une histoire.
J’espère que vous avez aimé la mienne.
Bon vol avec les aigles !

 

La stratégie de succès

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Bonjour Pablo, bonjour à tous.

Bienvenue sur Sud Radio et merci de passer un peu de temps avec nous.
On sait que tu es fort occupé puisque tu es formActeur, tu es aussi le leader, le manager et le directeur général de l’Eagle Academy, qui apprend aux gens à prendre de la hauteur, de la distance.
Raison pour laquelle, à l’issue de chacune de nos séquences, tu souhaites un bon vol aux auditeurs.

Exactement.
Et le vol que je leur propose ce matin est celui qui va leur permettre de comprendre quelle est leur stratégie de succès. Et même de la modéliser.
Modéliser, ça veut dire prendre pour modèle. Très souvent, que fait-on ?
On observe quelqu’un qui connaît un succès et on se demande comment on peut s’approprier sa stratégie à lui.

C’est du mimétisme, alors ?

Oui mais c’est très intéressant.
Ça a des fondements extrêmement puissants.
Moi, ce que je propose, ce que je préconise, c’est, en plus de cela, de modéliser sa propre stratégie de succès.

A sa façon ?

Oui et tout commence, pour ce qui me concerne, dans mon bain.
J’ai déjà parlé de mon bain dans cette chronique. Il s’avère que j’en prends un tous les matins. Et c’est intéressant de prendre un bain plutôt qu’une douche – la douche c’est bien aussi – mais c’est intéressant parce qu’on a un peu plus le temps pour visualiser sa journée et la construire déjà.

Lorsque tu parles de visualisation, c’est une sorte de méditation ou pas ?

Non, pas exactement, c’est plutôt une projection.
Je réfléchis à la journée que je souhaite vivre, à la semaine que je souhaite vivre et je l’imagine.
Donc je la crée mentalement d’abord, pour la vivre ensuite.
Quand je joue un spectacle ou quand je chante en concert, c’est encore plus fort.
Que je sache, les meilleurs, quel que soit leur domaine, leur activité, leur secteur utilisent cette technique de la visualisation.
Par exemple, on a une passion commune pour l’équitation, un cavalier d’obstacles, un cavalier de dressage, il va visualiser son parcours ou visualiser sa reprise de dressage avant même de monter à cheval.
Ici, dans mon bain, je visualise. Un matin, je me suis dit :
“Mais au fait, les succès que j’ai pu glaner dans ma vie, dans ma carrière, est-ce qu’ils ont des points communs ? Est-ce que, éventuellement, il y a une séquence commune ? Qui sait ?”
Et il y avait une séquence commune.

Quel est ce dénominateur ?

Ça c’est la meilleure question posée. C’est une question de mon ami Lionel Russo, qui me dit :
“Fabian, acharne-toi à trouver le dénominateur commun”.
Et j’ai cherché le dénominateur commun chez moi.
J’invite, je convie les auditeurs à chercher le dénominateur commun chez eux.
Parce que ma propre stratégie de succès ne va peut-être pas convenir à Pierre, Paul ou à Jacques.
Mais, une fois que je l’ai eue repérée… Je pourrais l’expliciter, ça n’a pas tellement d’intérêt …

Est-ce que tu pourrais quand même donner des exemples concrets ?

Oui, je vais donner un exemple. L’exemple le plus concret, c’est mon one-man-show.
Mon one-man-show, je l’ai d’abord vendu, j’ai touché l’argent avant de l’écrire, les salles étaient réservées, le public était convié. 1000 personnes pour la première salve.
Ça se jouait le 13 juin. Le 1er avril, je n’avais toujours pas écrit une ligne, mais je m’étais tellement engagé, l’engagement public était tellement fort que j’étais obligé de délivrer.
Dans ces cas-là, j’aime beaucoup l’expression, même si elle est terrifiante, américaine ou anglo-saxonne : “deadline”. La ligne de mort.
Au-delà de cette ligne, vous êtes mort.
J’avais une deadline, c’était le 13 juin. Par la porte ou par la fenêtre, je devais délivrer ce spectacle, ce qui fut fait.
J’ai donc compris que tout ce que j’avais pu réussir, que soit l’écriture d’un livre, l’aboutissement d’un projet, de très gros projets, souvent commençait par :

Je fixe une échéance, je fixe une date, je paie, je paie pour par exemple réserver une salle ou je me fais payer ce qui est pire encore, parce que vous êtes davantage redevables, et je le crie sur tous les toits.

Un peu comme celui qui crie qu’il va arrêter de fumer, mais c’est rarement suivi d’effet.
Chez moi, ça a un impact extrêmement fort et après je suis un véritable pitbull.
Je m’arc-boute sur mon objectif et plus personne ne peut me faire dévier de ma trajectoire.
Mais, je répète, ce n’est pas nécessairement ce type de stratégie qui va convenir à tout le monde.
Ma propre sœur, elle, n’est pas très fan d’annoncer ses objectifs publiquement.

À chacun sa manière d’aborder la stratégie du succès.

Une fois que vous avez identifié votre séquence : quelles sont les différentes étapes, à quelles ressources vous avez accès, comment vous les mobiliser, …
C’est ce que je fais depuis. C’est pour ça que j’ai pu depuis aborder de grands projets et en réaliser beaucoup plus qu’avant. C’est que cette séquence, je la reproduis, encore et toujours et de plus en plus puisque je sais qu’elle fonctionne pour moi.
Jusqu’à présent, je ne me suis pas trompé.