Comparaison n’est pas raison

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Merci de nous suivre ici et via le replay, à votre disposition 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sur sudradio.be.
Vous pouvez y réentendre les précédentes séquences de la Minute du Coach.
Et il y a de la matière, n’est-ce pas Fabian ?
Bonjour.

Fabian :  Bonjour.

Comparaison n’est pas raison.

Oui. Je vais vous raconter une histoire.
C’est une vidéo, que j’aime bien montrer en formation, où on voit – c’est une expérience en laboratoire – deux singes capucins qui sont dans deux cages contiguës.
Ils sont tous les deux livrés à la même tâche. Ils ont exactement les mêmes opérations à effectuer, il y a une dame qui leur donne un petit caillou à travers les barreaux de la grille.
Au tout début, tout se passe bien.
En guise de récompense, de cadeau …

Des cacahuètes ?

Non, justement pas, c’est ça qui est intéressant.
Le singe capucin de gauche reçoit un morceau de concombre. Un concombre, en gros, c’est de l’eau, ça n’a pas beaucoup de saveur, mais ça lui va. Il continue d’effectuer cette tâche et de recevoir son morceau de concombre.
Jusqu’au moment où son voisin, effectuant exactement la même tâche, reçoit lui un grain de raisin.
C’est autrement plus sexy et savoureux qu’un morceau de concombre.
Et vous voyez le premier singe qui donc se compare – comparaison n’est pas raison – et qui devient complètement fou, qui prend le morceau de concombre, qui le jette.
Le deuxième morceau de concombre, il le jette aussi. Il secoue les barreaux de sa cage.
Donc c’est drôle. Mais quand on se met dans les chaussures, qu’il n’a pas, du singe, ce n’est pas si drôle que ça, parce que pour lui c’est une déflagration.
Ce que je trouve que ça illustre bien, c’est à quel point la comparaison nous rend malheureux.
Quand vous vous comparez à l’autre, vous êtes toujours malheureux. Il y a toujours quelqu’un qui a plus, qui est plus, qui est plus grand, qui est plus beau, …

C’est tellement injuste.
C’est le syndrome de Calimero, ça ?

Un peu, oui. Mais quand vous comparez à vous-même, il y a 10 ans ou 20 ans, quand j’étais plus jeune, quand ceci, quand cela, ou quand vous comparez à la personne que vous auriez eu envie de devenir, …
Dans tous ces cas de figure, cela va aboutir à une frustration.
Il y a une autre étude. Je n’ai pas les chiffres en tête, je vais donner des chiffres indicatifs, mais je trouve ça très interpellant.
On avait demandé à un groupe de gens s’ils préféraient gagner 100 000 euros par mois et que, autour d’eux, leurs proches gagnent 50 000 euros ou s’ils préféraient gagner 150 000 euros et qu’autour d’eux leurs proches gagnent 200 000 euros.
Eh bien, tu te doutes, Pablo de la réponse de la vaste majorité.
Elle était en faveur de la première solution : je préfère gagner moins, c’est à dire 100 000 et non 150 000 mais qu’autour de moi, les gens gagnent 50 plutôt que 200.
Une fois de plus, c’est mon rapport à l’autre qui m’intéresse.
Ce qui est très intéressant par rapport à la question première que vous vous posez quand vous faites n’importe quel achat, que vous achetez une voiture, un appartement de vacances ou une boîte de raviolis.
Pablo, est-ce que tu sais quelle est la première question que tout un chacun se pose (c’est inconscient, le plus souvent) ?
“Est-ce que cet achat renforce mon statut social ? Est-ce que cela renforce mon intelligence sociale ?”
C’est la première question qu’on se pose.
Pour une voiture, on se doute. Pour un appartement de vacances, on se doute. On aime bien étaler ses vacances sur les réseaux sociaux, dire qu’on va aux quatre coins du monde. C’est bon pour l’estime de soi.
Pour une boîte de raviolis, c’est un peu moins attendu.
C’est mon ami et neuromarketeur, neuroscientifique, Romain Bouvet, qui m’a éclairé sur cette question. Je l’ai trouvée fascinante.
Je vous invite, pourquoi pas, à vivre de saines émulations mais à ne pas vous comparer.
Profitez de l’instant présent et volez avec les Aigles.

 

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