S’arrêter pour penser

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Bonjour Fabian.

Fabian :  Salut Pablo.

Bienvenue sur Sud Radio.
Fabian est, entre autre, le fondateur de la Eagle Academy.
Elle sert à quoi la Eagle Academy ?

A permettre aux gens de voler avec les aigles, de prendre de la distance par rapport à leur entreprise, par rapport à leur vie.
Dieu sait que l’aigle est le seul animal qui est capable à la fois d’avoir une image globale, comme il se tient très à distance…

Vision périphérique.

Et en même temps. il peut réaliser un focus. Ce n’est pas banal ces deux qualités.
A la Eagle Academy, nous enseignons ça. Essentiellement à des patrons d’entreprises.
A se retirer, à se mettre à distance de leur propre travail, de leur propre entreprise pour prendre des décisions plus justes, plus adéquates.

Ça se passe comment ?
Les entreprises – et pas que – prennent contact avec toi et tu te déplaces, tu vas les former chez eux ?

C’est surtout eux qui viennent se former chez nous.
On a quelques programmes très pointus en Marketing, en Communication, en Vente.
Et on leur apprend, notamment, le thème de cette Minute du Coach.

S’arrêter pour penser.

Exactement, on leur apprend qu’être un patron, ce n’est pas être dans la frénésie de l’action.
Moi, je suis de ceux qui aiment l’action. Je pense que trop de personnes autour de moi ne sont pas suffisamment dans l’action.
J’aime répéter ces mots de Bernanos :
“La pensée qui ne conduit pas à l’action ne vaut pas grand-chose, l’action qui ne procède pas de la pensée ne vaut rien du tout.”
Mais, qu’est-ce que c’est que penser ?
Déjà, c’est s’arrêter.
Les grands patrons, je le disais, ils s’arrêtent.
Ils s’arrêtent, ils se posent, ils se mettent légèrement en recul, ils prennent de la distance.
Parfois, cela peut nous amener aussi à quitter l’endroit où nous sommes, parce que …

S’arrêter, c’est par exemple prendre son bain et réfléchir à ce moment-là ?

Moi, c’est pour ça que je prends un bain le matin et pas une douche. Parce que j’ai plus de temps pour penser. Parfois je pense aussi quand je suis à cheval, dans les champs, c’est un moment …

Toute autre activité qui nous permet de nous éloigner de nos activités professionnelles, c’est ça ?

Disons que, souvent, c’est bien que la distance soit aussi physique, parce que nous avons ce qu’on appelle des ancrages.
Si vous êtes dans votre cuisine, où vous avez l’habitude de préparer des petits plats, ça risque d’être très compliqué de vous déconnecter de tout ça. Parce que vous aurez ce qu’on appelle un ancrage spatial.
Vous serez peu enclin à penser.
Moi j’aime bien me retirer. Je vais souvent à l’étranger, notamment pour ça.
L’un de mes amis et mentor, Jean-Pierre Baeyens, qui a un pedigree long comme le bras – ingénieur commercial Solvay, MBA de Harvard – me racontait que, quand il était jeune diplômé, il avait été “invité” par le patron de McKinsey.
Je pense que c’était à Amsterdam… Une très grosse boîte de Conseil.
Et quand il rentre dans le bureau de ce monsieur, m’explique-t-il, un relaxe trône au milieu de la pièce. A ce moment-là, le patron voyant que Jean-Pierre est interloqué, il lui dit :
“Je vous rassure, ça fait partie de mon métier : penser.”
Philosophiquement, la pensée ça commence par “Si …” et ça s’enchaîne avec “Alors …”
Donc lire ce n’est pas penser.
Par contre, quand vous recevez une information, ne pas la manger tout de suite, ne pas la gober tout de suite, mais vous mettre à distance de cette information !
Par exemple Pablo, tu me dis souvent : “Toi Fabian, tu détricotes les choses.”
Et bien détricoter ses pensées, c’est ne pas accepter tout, tout de suite.
C’est se dire :
“Tiens, j’entends des infos, je me mets à distance, je les recoupe. Quelle est la logique qui est sous-jacente ?
Est-ce qu’il y a une logique ? Est-ce que ce sont des opinions ou est-ce qu’il y a une articulation ? Est-ce que la pensée est intellectuellement robuste ou pas ? Sur quoi ça repose ? Quelles sont les hypothèses ?”
Et je me mets petit à petit à distance, comme un aigle.

Existe-t-il une vérité là-dedans ?

Je n’en sais rien, mais je m’en fous un peu de la vérité.
Par contre, ce dont je ne me fous pas, c’est de la rigueur intellectuelle parce que ça, il me semble que c’est ce qui fait de nous des hommes, quand nous dépassons notre fonction.
Je reviendrai certainement sur cette notion plus tard, dans une autre Minute du Coach.
Ce que je veux surtout vous dire c’est qu’évidemment, pendant votre nuit de noces, surtout ne vous arrêtez pas pour penser, laissez-vous complètement aller à vos émotions.
Et régulièrement, c’est bien de se laisser aller à ses émotions.
Mais, à bien des moments dans notre existence, faire un pas de côté, se poser les bonnes questions – qu’on n’a pas l’habitude de se poser, on a déjà abordé cette notion-là, ça nous permet de reprendre le contrôle de notre vie, aussi. Pour autant qu’on puisse avoir quelque contrôle que ce soit sur notre vie.
Mais au moins on se demande :
“Au fait, est-ce que je suis à la bonne place, avec les bonnes personnes ? Est-ce que je fais ce que je fais de mieux ? Est-ce que c’est la bonne direction pour moi ? Est-ce que tout ça fait du sens ou est ce que c’est juste un ramassis d’habitudes que je ne remets plus jamais en question ?”
Arrêtez-vous pour penser, les amis.
Régulièrement.
C’est du temps de qualité.
C’est du temps de qualité d’aigle.

 

 

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