Faut-il écouter ou entendre ?

 

Sud Radio, la Minute du Coach.

 

Pablo :  Fabian, bonjour, bienvenue.

Fabian :  Bonjour Pablo.

C’est l’heure de la Minute du Coach, sur Sud Radio.
Alors faut-il écouter ou entendre ?
Quelle est la différence ? Existe-t-il une nuance ?

Oui, plus qu’une nuance, beaucoup plus qu’une nuance.
Entendre, c’est un processus mental involontaire, centré sur des sons.
J’entends le bruit du ventilateur, par exemple. J’entends les oiseaux chanter. J’entends le bruit de la circulation.
Écouter, c’est un processus mental volontaire centré sur le sens et la compréhension.
Contrairement au seul fait d’entendre, écouter va demander beaucoup d’énergie, beaucoup de concentration.
C’est exigeant d’écouter.
Pour l’info, l’écoute, c’est le premier sens.
Quand vous êtes dans le ventre de votre mère, le premier son que vous entendez. c’est son coeur. Vous ne voyez pas encore mais vous entendez le coeur de votre mère.
Ce que je trouve intéressant, dans ce qui est beaucoup plus, je le disais, qu’une nuance, c’est que probablement nous entendons énormément, tout le temps, mais nous écoutons peu.
Est-ce qu’il t’est déjà arrivé, Pablo, de raconter une histoire un groupe d’amis : “Voilà, le week-end dernier, j’étais à la mer …” et puis soudain, quelqu’un t’interrompt et dit : “Ça c’est marrant, moi aussi j’y étais, on a fait un truc incroyable, on a mangé, etc …”
Tu te fais littéralement tacler et la personne reprend la conversation à son compte. Ça t’est déjà arrivé ?

Oui, bien sûr.

Peut-être nous est-il arrivé à tous les deux d’être celui qui interrompt et qui va dire “je” au lieu de se taire et d’attendre.
Rien que de penser à ta propre histoire alors que l’autre est en train de raconter la sienne, c’est déjà ne pas écouter.
À cet égard, il y a un truc intéressant. Tu es en train de t’exprimer et tu observes que la bouche de l’autre s’ouvre…
Tu sais déjà qui ne t’écoute plus.
Il n’attend qu’une chose, c’est le moment de la brèche où il va pouvoir s’engouffrer et t’interrompre.
Je m’adresse en réalité à toutes les personnes qui ont envie d’interrompre et qui ont envie de couper et je leur dis :
“Coupez les coupures.”
“Astreignez-vous à ne pas couper l’autre.”
Sauf s’il a la logorrhée. La logorrhée, c’est la diarrhée verbale. Il y a des gens qui ont la diarrhée verbale. À un moment donné, il faut bien les interrompre sinon on ne s’en sort pas et on étouffe.
Mais le plus souvent, ce n’est pas de ça dont il s’agit.
Le plus souvent, on ne pense tellement qu’à soi qu’on a un énorme mal à se mettre à la disposition, à se rendre disponible pour l’autre et à chasser gentiment, élégamment, les pensées qui viennent nous envahir et qui nous empêchent d’être disponible.
Quand vous avez envie de dire “je”, contournez l’obstacle et dites plutôt “tu” ou “vous” ou “nous”.
Mais évitez de trop “iconogiser”, si vous avez compris ce verbe que je viens d’inventer.
Apprenez à vous mettre à la disposition de l’autre avec un grand A.
À l’écouter vraiment, de façon authentique.
À l’écouter, je l’ai déjà dit ici même, non pas pour répondre mais pour le comprendre.

 

 

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