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Comment Vous Allez Abattre Une Montagne… Avec Le Petit Doigt !

L’expérience est saisissante ! Stephen Morris pose un domino de 5 mm. D’une pichenette, il le laisse tomber sur un domino une fois et demi plus grand, qui tombe sur un domino une fois et demi plus grand… 13 fois ! Le dernier domino pèse 45 kilo. Et Morris précise : « s’il y avait 29 dominos, le dernier serait… l’Empire State Building ! »

Imaginez que vous vouliez ardemment créer votre entreprise. Le chemin – surtout en Belgique, qui n’est définitivement pas une terre d’entrepreneurs ! – est escarpé et la jungle administrative inextricable. Pour dénicher les meilleurs sentiers, les aides publiques aussi ( !), vous devez d’abord dénicher un Sherpa qui vous guidera. Armez-vous de patience, d’opiniâtreté, armez-vous tout court !

Et demandez-vous quel domino de 5 mm vous pouvez faire tomber. Un appel à un ami qui déjà a franchi ces obstacles ? Une recherche sur Google ? Un mail à La Maison de l’Entreprise ou à une Chambre de Commerce ?

Empire State Building

L’Empire State Building à NY :
102 étages, 8094 m2 de superficie, 381 m de haut… et 365 000 tonnes !

La réaction en chaîne peut se déclencher aussi simplement… L’effort est minime. La dose de courage requise, ridicule. Le risque sous zéro.

Mais dans 6 mois, un an peut-être, vous aurez abattu une montagne. D’une pichenette. Du tout petit bout du tout petit doigt. Vous serez entrepreneur. Ou vous aurez trouvé la maison de votre vie et l’homme ou la femme dedans 😉 Ou vous aurez effectué le pèlerinage de Compostelle ! Ou… ou… ou. A vous de noircir les pages. De les écrire. De les Vivre. Pleinement. Intensément. Passionnément. Quoi d’autre ?

« La vie est une aventure audacieuse ou alors elle n’est rien », a dit Helen Keller. Helen Keller était sourde, muette et aveugle. Elle a pourtant obtenu un diplôme universitaire et écrit 12 livres. Elle a abattu des montagnes.

Hellen Keller
Hellen Keller

Parfois, tout se joue sur 5 mm.

Parfois 2.

2 mm…

 

2 mm pour être l’Acteur de Votre Vie plutôt que le spectateur de la vie des autres.

2 mm pour Voler avec les Aigles.

 

Bon Vol avec Eux et à vite,

Fabian

 

La Stratégie La Plus Efficace Pour… Echouer !

Rudi (je change tous les prénoms évidemment) est chef d’entreprise. De mauvais choix en périlleuses décisions, Rudi glisse inexorablement vers la faillite. Autour de lui, sommes-nous passifs ? Non. Mais il ne nous entend pas. Sa boutique ne tourne pas. Un sous-traitant lui doit de l’argent. Beaucoup. Rudi préserve ladite boutique et sa pseudo-relation avec ledit sous-traitant. Ne pas insister surtout. Rudi est “sûr” que si la boutique ne tourne pas, le vent, lui, tournera. Que le sous-traitant les sous, traitera… Rudi fait plus de la même chose.

Que dire d’Yvan ? Yvan, revu après 5 ans, n’est pas plus heureux que… 5 ans plus tôt. « Que t’arrive-t-il ? », dis-je. » « Oh tu sais bien Fabian, toujours la même chose. Avec Laurent, ça ne s’arrange pas. Au boulot aussi c’est toujours la même chose. Et il faudrait bien que je perde du poids, que je me remette au sport. » Yvan fait plus de la (toujours) même chose.

« Que je me remette au sport. »

L’une des phrases que j’ai le plus entendue. Une phrase-alibi. Une phrase-refuge ou palissade. Une phrase-bonne conscience car disant implicitement que c’est pour bientôt peut-être mais que ce n’est pas de ma faute, que le monde est méchant, que la vie me boxe (sans blague), que les journées sont courtes (diantre), que je suis vraiment trèèèès occupé (sous-entendu : MOI), mais qu’il est proche le jour – z’allez voir c’que vous allez voir ! – où tout rentrera dans l’ordre.

Quoi ?

Le monde ne sera plus méchant ?

La vie rangera les gants ?

La Terre mettra plus de 24 heures pour faire un tour sur elle-même et allongera nos journées ?

Tu ne seras plus que trèès occupé, entouré d’oisifs comme bibi ? (Peut-être que j’aimerais ça !)

Or donc, il y a un ordre puisque tout doit entrer dedans ?

Comment mieux réussir aujourd’hui qu’hier ?

Fi des excuses toujours mauvaises. Résolument, la stratégie la plus efficace pour échouer, c’est bien de faire toujours plus de la même chose, d’effectuer le même tir sans jamais le corriger alors que tous les impacts sont à côté de la cible. Comme pour prouver que vous aviez raison, qu’il suffisait d’être patient. Un joueur qui perd et rejoue pour se refaire et reperd et rejoue pour se refaire et reperd…

Einstein considérait que « faire plus de la même chose en espérant un résultat différent », était de la folie, de la démence pure.

Albert Einstein
Langue au chat pour sacré cliché !

Évitez la démence et posez-vous, chaque matin, une question : comment mieux réussir aujourd’hui qu’hier ? (Entendez : « comment mieux réussir ma journée d’aujourd’hui. ») Demandez-vous régulièrement, comme Mark Zuckerberg, si ce que vous êtes en train de faire est bien la meilleure chose à faire MAINTENANT. Retenez la leçon de Jim Collins, l’auteur du lumineux « Good to Great »  : le bien est l’ennemi de l’excellence.

Good To Great
Good To Great

Les entreprises qui réussissent et durent ont compris ça. C’est dans leurs gènes, chacune de leurs fibres. Leur ADN.

Les individus qui s’accomplissent, au sens où Abraham Maslow l’entendait, lui qui considérait que seulement 2% de la population parviendrait à la réalisation de soi, jouerait donc, si vous m’autorisez la métaphore, « sa petite musique intérieure ». Ces individus, dis-je, l’ont compris aussi.

Pyramide des besoins de Maslow

Ils challengent leurs propres convictions. Ils écoutent. Pas n’importe qui. Pas les bœufs, pas les ruminants. Pas les non-pensants. Ils écoutent les respectueux, les élégants, les bienveillants, les experts. Ils font le tri. Et quand une stratégie dysfonctionne… ils en changent !

 Test – Opération – Test

En marketing, le mot magique est « TEST ». Tout tester : une pub contre une autre, une page de site contre une autre. Une offre contre une autre.

A votre tour les Amis !

Réfléchissez aux facettes importantes de votre vie. Sur une échelle de 0 à 10, dans quelle mesure cette facette vous satisfait-elle ? Attention au biais de validité : vous pourriez être tenté de trouver que tout est fantastique. Quels paramètres devez-vous changer pour plus d’excellence, plus de performance, plus de jouissance ?

Que pouvez-vous tester DES MAINTENANT ?

Vous n’êtes pas content de votre poids ? Changez d’habitudes alimentaires. Testez.

Vous n’êtes pas satisfait de votre forme physique ? Changez votre façon de bouger. Testez.

Vous n’avez pas une sexualité épanouie ? Changez votre façon de faire l’amour (y a d’excellents bouquins là-dessus ;-)) ou changez de parten… enfin, vous jugerez… ou testerez !

Votre travail est pesant ? Changez-en. Ou demandez un changement. De rôle, de service, d’affectation.

Vous lisez un livre ennuyeux. Fermez-le.

Vos amis vous oublient ? Relancez-les… ou oubliez-les.

Changez. Testez.

Testez un nouveau hobby. Un nouvel aménagement de votre intérieur. Un nouveau trajet.

C’est un modèle appris en PNL (Programmation Neurolinguistique) : TOT. Test – Opération – Test. Puissant modèle.

Plus simplement, que se passerait-il si chaque jour, dans un exercice donné, vous faisiez juste un peu mieux ? 0.1% de mieux que la veille ? Que se passerait-il au bout d’un an ? 365 jours ?

Si vous êtes à 100 et que vous vous améliorez tous les jours de 0.1%, vous aurez amélioré vos performances de… 44% ! Et même s’il est utopique d’envisager une progression constante, sans creux, même si toute évolution exige presque ses « involutions », c’est un Mark Twain inspiré qui a dit que « l’amélioration continue est mieux que la perfection remise à plus tard… » Dont acte.

Quand le troupeau paît en paix, l’Aigle se demande s’il est des ciels plus beaux, des vols plus haut, une vie plus grande.

Bon Vol avec lui et à très vite,

Fabian

Ps : avec mes amis Fred et Claude, j’anime le blog http://365missions.com/ Vous y trouverez une foultitude de conseils, d’astuces et de techniques, pour ne plus « procrastiner » (ne plus reporter au lendemain), pour atteindre vos objectifs, et donc aussi vous réaliser ! Au vif plaisir de vous y retrouver : il y est aussi question de Voler avec qui vous savez… 😉

Confiance en soi : 7 derniers conseils !

Le thème semble éculé et revient pourtant sans cesse comme un boomerang infatigable et ennuyeux. Avoir confiance en soi. Avoir confiance en soi. Avoir confiance en soi.

N’en a-t-on pourtant pas déjà fait le tour ? N’a-t-on pas tout dit déjà, tout dit ? Et tout écrit ?

Sûrement.

Conseil numéro 1 : PAS DE COMPARAISON !

Mais dans une société où la courbe de l’individualisme est inversement proportionnelle à celle du chômage, où la prolifération de l’obésité est carrément identique à celle de Photoshop qui nous laisse accroire que dans le vrai monde, les vraies personnes ont 22 ans, des courbes parfaites et des dents blanches même quand lesdites dents croquent le sucre et trempent dans le lait ou l’huile de palme, société où la misère sexuelle rivalise avec la pornographie répandue sur la toile, crachée comme du sperme au visage de l’internaute qui n’en peut plus de se demander pourquoi le monde entier est équipé d’un sexe Goliath quand lui cherche péniblement son David au fond d’un slip, et pourquoi le monde entier peut forniquer des heures durant dans toutes les positions toutes alors que lui peine à jouir, une société où la lumière fait de l’ombre à l’ombre, où le clinquant se clique mais ment au vivant… alors oui, le thème de la confiance en soi a de jolis jours devant lui et au-delà.

Se vendre pour un job. Et puis vendre son zob. Et n’être jamais dans la norme médiatique. S’y comparer pourtant. Désespérer. Se racrapoter. Car le décalage est peu supportable.

Avoir confiance en SOI n’est justement pas avoir confiance dans le faux monde, celui des mirages, des rêves vers nous jetés, grappillés par nous comme des grains par un poulet. Le grain ne sera plus. Le poulet restera… poulet.

Conseil numéro 2 : VOTRE DECISION

Avoir confiance en soi, c’est d’abord le choisir, le décider. Dire définitivement non à toute forme de « racrapotage ». Dire OUI à soi.

Tout commence toujours par une décision. Une direction. Un plan de bataille. Une mobilisation. Une action. Une évaluation. Une correction. Puis une autre action. Puis une autre évaluation. Et une autre correction. Un processus itératif en somme.

Tout s’abandonne toujours par une perte de focalisation. C’est bien la marque ultime de ceux qui performent : ils se focalisent… sur le long terme !

Réfléchissez à votre plus grand accomplissement. Vos études, la rénovation de votre maison, un exploit sportif. La focalisation fut sans aucun doute votre atout majeur. C’est Véronique qui se prépare pour le marathon de New York et s’entraîne 6 jours par semaine. Et fi de la pluie, du vent ou de la grêle. Fi de la migraine. Du trop de boulot. Des nuits qui tombent trop tôt. Chaque foulée la rapproche de son grand objectif. Chaque foulée compte. Chaque foulée est focalisée.

Décidez de devenir un « meilleur vous-même », un vous-même avec la ressource confiance en soi en plus. Écrivez cette décision. Dites-la au besoin. Partagez-la avec des personnes de confiance (tiens donc !). Choisissez un mantra, un slogan si vous préférez, et répétez-le à l’envi. Exemple : « je suis un Aigle ! » 😉

Conseil numéro 3 : MODELISATION

Si se comparer n’est pas une option, modéliser doit être votre standard ! Modéliser c’est observer les stratégies d’excellence, les décrypter, les décoder, les séquencer.

Qui, autour de vous, possède cette ressource ? Qui a la confiance en soi. Que se dit-il et dans quelles situations ? Que pense-t-il ? Comment se comporte-t-il ? Comment parle-t-il ? Comment écoute-t-il ? Comment marche-t-il ?

Faites comme si vous aviez confiance. C’est le meilleur moyen de l’obtenir. Le plus court chemin. Et choisissez des postures de puissance plutôt que de faiblesse. Redressez-vous comme un sportif qui gagne une compétition. Comportez-vous en gagnant.

Rappelez-vous des conclusions d’Amy Cuddy : en posture de faiblesse pendant 2 minutes, votre taux de cortisol (hormone du stress) augmente singulièrement. Votre taux de testostérone chute. En posture de puissance, l’inverse se produit ! Or, la testostérone est l’hormone de la dominance, associée à la confiance en soi, à l’assertivité, tandis que le cortisol est associé à l’incapacité d’adaptation aux situations stressantes !

Seulement 2 minutes pour oser plus, risquer plus, donner une autre image de soi aux autres, de soi à soi. « Fake it until you make it », dit Amy Cuddy. Elle enchaîne : « fake it until you become it ! »

Vous avez besoin d’un phare dans la nuit. Vous avez besoin d’être paresseux aussi : ne pas répondre aux questions auxquelles d’autres, comme Cuddy, ont répondu déjà. Suivez leurs traces, leur chemin.

Surtout : côtoyez-les !

Car tel est le conseil numéro 4.

Conseil numéro 4 : CAPILLARISATION

Côtoyez des rampants… vous deviendrez rampant. Côtoyez des victimes permanentes… vous serez victime.

Vous voulez améliorer votre jeu de tennis ? Jouez avec des joueurs meilleurs. Voler avec les Aigles, c’est ça.

Votre entourage dit qui vous êtes. Votre environnement. J’ai souvent cité Jim Rohn dans les pages de ce blog : « vous êtes la moyenne des 5 personnes que vous fréquentez le plus. » Votre salaire est aussi la moyenne des 5 salaires les plus proches de vous ! Et si vos amis ont un sale air… je connais le vôtre 😉

Jim Rohn - La confiance en soi en s'entourant des meilleurs
Jim Rohn

La capillarisation, c’est quand l’éponge ou le buvard absorbent le liquide. Quand le sucre trempé dans votre thé en prend la couleur.

Devenez un bon buvard : absorbez le bon breuvage.

Conseil numéro 5 : RESPIRATION

La respiration donne l’inspiration. La précède. La peur se respire par saccades. Elle est rapide. Trop. La surprise ne se respire pas.

La confiance en soi se respire calmement, posément, « par le ventre ». Elle a besoin d’un corps droit, de pieds posés à plat, de détente. Détendre les pieds et les jambes et les mains. Tout le corps. Le bon truc : crispez-vous d’abord. Crispez aussi fort que vous le pouvez. Et puis relâchez tout.

Grandissez-vous aussi. Imaginez que quelqu’un tire amicalement vos cheveux vers le ciel…

Le calme intérieur est une autre marque de la confiance en soi. Il se nourrit d’une respiration ample, tranquille. Quand le ventre se soulève comme un piston. Posez donc une main sur lui, une autre sur la poitrine. Elle ne bouge pas. Pas plus les épaules.

Tout est posé alors : votre respiration, votre regard, votre pas. « Gentlemen don’t run. »

Conseil numéro 6 : REPETITION

L’apprentissage, c’est avant tout la répétition des gestes justes. Souvenez-vous des scènes mythiques de Karaté Kid : « lustrer, frotter ! » Au théâtre, chaque répétition rapproche de l’excellence, éloigne des catastrophes !

Les chevaux de la police affrontent les manifestants et les supporters de Jupiler à force de désensibilisation. Car la peur également est désapprise par la répétition.

Karaté Kid - La confiance en soi par la répétition
Karaté Kid

Au karaté, pour qu’un geste soit automatique, il faut le répéter 10 000 fois.
Pour qu’il soit instinctif : 
100 000 fois !

 Tout est travail décidément.

Répétez. Répétez les comportements de la confiance, les gestes de la confiance. Les mots. Répétez à voix haute ou basse. Ou mentalement. Mais répétez et souvent. Le succès est au bout.

Conseil numéro 7 : ACTION

Vous terminez la lecture de cet article et vous vous dites que vous saviez tout ça. Et je savais que vous saviez.

Lire est confortable, qui donne l’impression d’avancer vers ses étoiles. C’est vrai… en partie…

Ce qui est moins confortable, c’est d’affronter ses démons, d’ouvrir sa porte, de risquer un pas. Et un deuxième.

Georges Bernanos - La confiance en soi dans l'action réfléchie
Georges Bernanos

« La pensée qui ne conduit pas à l’action ne vaut pas grand-chose.
L’action qui ne procède pas de la pensée ne vaut rien du tout.
 »

Les mots sont de Georges Bernanos. Un Aigle sûrement 😉

L’estime de soi est la somme de la confiance en soi et de l’amour inconditionnel de soi. La confiance en soi est liée aux capacités, au savoir-faire, à nos actes.

Alors éteignez votre ordinateur. Fermez tous vos livres. Mettez-vous debout… et agissez !

Bon Vol avec les Aigles les Amis et à très vite,

Fabian

Chagrin d’Amour : chacun n’fait pas c’qui lui plaît !

Nous l’appellerons Isabelle. Le prénom est joli. Et puis c’est mieux que des initiales. Isabelle donc participe à une formation que j’anime. Fidèle. Ponctuelle. Sauf que ce matin elle est là sans être présente. Si elle s’est maquillée, la peau, grise et gloutonne, a tout absorbé. Avec les larmes sans doute. Je devine ça. Une peau marquée, taillée comme au burin, taillée de rides et goulottes. Les larmes ont dû suivre le chemin de ces goulottes-là. Se répandre par à-coups. Par gerbes. Des éruptions de larmes où un chagrin s’est noyé, naufragé. Se noiera encore. Les chagrins d’amour peuvent se noyer longtemps.

Isabelle contraint un sourire. Les lèvres dociles s’exécutent à demi. Un soupçon de sursaut. Les yeux ne sont pas éteints mais si loin. Profonds comme une nuit sans nuage et sans lune et sans étoile. Un infini de regard. Un infini de vide. Un regard qui a compris. Qui sait. Ni vers l’avenir, ni vers le passé. Il n’est tourné vers nulle part. Juste une béance. Une faille immense. Inouïe.

Isabelle voudrait se redresser mais le poids de la douleur fait se courber les os. Elle ploie. Menton vaincu par la gravité. Épaules basses. Épaules lasses. Et lasses les mains. Et las le pas trop lourd. Les jambes doivent être cadenassées par la souffrance qui n’a que le sol pour destination. Un corps aimé est droit et léger. Aérien. Voltigeur. Un corps abandonné se tord comme une allumette consumée par trop de feu. Un corps abandonné meurt.

Chagrin d'Amour - Chacun fait c'qui lui plait
Chagrin d’Amour – Chacun fait c’qui lui plait

“Sous mes pieds, y a la terre… Sous tes pieds y a l’enfer…”

Nous ne sommes que nous deux soudain. Je risque une question. M’inquiète. Demande. D’abord les mots convenus qui la font rester forte ou fière. Les mots de la contenance. Ils sont faibles et n’ont besoin que d’un peu de bouche.

Et puis… Arrachés du ventre… d’autres mots cognent la gorge, se bousculent. Jaillissent étouffés.

Isabelle dit son chagrin d’amour, dit sa douleur, sa souffrance.

Elle me demande : « ça va durer combien de temps, Fabian ? »

J’arrête à temps les paroles de Jean-Pierre Claris de Florian : « plaisir d’amour ne dure qu’un instant, chagrin d’amour dure toute la vie… » Elles freinent de tous leurs fers et butent sur les lèvres déjà entrouvertes.

Jean-Pierre Claris de Florian
Jean-Pierre Claris de Florian, fabuliste. « Rira bien qui rira le dernier », c’est lui !
« Pour vivre heureux, vivons cachés », c’est encore lui ! 

« Plaisir d’amour ne dure qu’un instant,
chagrin d’amour dure toute la vie… »

C’est drôle comme les paroles demeurent et pas l’auteur. Il n’aura duré qu’un instant. Ses paroles durent toujours. Et toute la vie.

Le lendemain dans une « salle d’impatience ». Je trompe l’attente en me faisant croire que j’en fais quelque chose d’utile. Feuilleter un magazine par exemple. Interview de Paulo Coelho au sujet de son nouveau livre : « Adultère ». Où il dit que 90% des dépressions viennent… de chagrins d’amour !

Ça valait bien un article non ?

C’est quoi un chagrin d’amour ? Pourquoi un chagrin d’amour ? Il y a tant de gens tant. Et donc d’amour à prendre. Il y a moins d’eau et moins d’air et moins de lumière. Alors pourquoi tant de chagrins puisque tant d’amour ?

Lacan, impitoyable, livre sa réponse : « l’amour, c’est donner ce qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. » La formule est piquante et fait briller dans les dîners. Mais la souffrance d’Isabelle était palpable hier. Je la sentais dans les doigts. Et la pirouette de Lacan, même brillante, ne dit pas pourquoi.

Tentative de réponse à travers les regards croisés de 3 psychanalystes. Je les résume ici pour vous…

Le chagrin d’amour est toujours en rapport avec un amour impossible. Il est lié à une demande d’amour qui ne trouve pas de répondant (le trouvera-t-elle jamais ?), une recherche narcissique, un investissement narcissique, qui ne dit pas son nom. (*)

Quand l’être aimé vous dit « je t’aime », il y a une sorte de gonflement interne, de gonflement narcissique.

La psychologie positive comme outil et atout ?

Si donc l’autre ne peut pas me donner cet amour-là, puis-je le compenser par l’amour inconditionnel de soi ? Me répéter des phrases positives ? Me « narcissiser » tout seul ? Oui, redorer l’estime de soi comme ça peut aider, vous relancer narcissiquement. Mais pas complètement. A moins de vivre en ermite de l’amour. Certains y réussissent.

Alors comment s’en sortir ? Que répondre à Isabelle ?

Prendre une distance par rapport à ce que l’on vit. Par rapport au rapport amoureux qui est toujours imaginaire mais qui fait du bien. Comprendre et accepter que vous n’avez pas reçu ce que vous attendiez mais que la vie n’est pas finie. C’est un moment. Un instant justement…

Prendre de la distance en y réfléchissant, en en parlant, en consultant.

Il peut s’agir d’une situation de vie où vous n’avez plus de reconnaissance et où vous vous écroulez. Ici, l’amour n’est pas amoureux. C’est de l’amour encore. Ce reflet positif de soi qui n’est plus. « Après tout ce que j’ai donné à mon entreprise, tant de loyauté, de sacrifices… et puis le rejet ! »

Le manque de reconnaissance est une demande d’amour qui ne vient pas. Curieusement, cette reconnaissance peut venir d’ailleurs, d’une autre entreprise notamment, tout comme l’amour peut venir de quelqu’un d’autre. Alors pourquoi diable le vouloir ABSOLUMENT de CETTE personne spécifiquement ?

La réponse serait-elle dans le trouble provoqué justement par celui qui ne sait pas s’attacher ? En devient par-là plus désirable encore ?

« Ça dure combien de temps, Fabian ? »

Mais tout ça, c’est vivre. Et vivre c’est aimer se faire aimer et en souffrir. Faut-il prendre des antidépresseurs pour ça ? Jean-Jacques Goldman donne sa réponse en 1997 avec « On ira » :

« On prendra les froids, les brûlures en face
On interdira les tiédeurs
Des fumées, des alcools et des calmants cuirasses
Qui nous ont volé nos douleurs
La vérité nous fera plus peur
 »

Jean-Jacques Goldman
Jean-Jacques Goldman

“Y a que les routes qui sont belles…”

 

Une dépression est une demande d’amour – au sens large  qui tourne mal. Elle est aussi due à un sentiment d’impuissance, d’abandon, à de la colère contre l’autre que l’on retourne contre soi.

Mais l’antidépresseur est une couverture sur la vie. Isabelle devra assumer sa blessure. Sans doute elle cicatrisera. Sans doute sa cicatrice grandira avec elle, Isabelle. Ne pas l’occulter à tout prix. Vivre avec. L’apprivoiser.

L’HOMME, LA FEMME… n’existent pas. Vouloir qu’un individu l’incarne à lui tout seul est illusoire. Isabelle rencontrera d’autres hommes et relativisera cet investissement massif, exagéré, sur un seul.

Peut-être.

Le chagrin d’amour est un trauma. Comme pour tous les traumas, comme pour un accident de voiture ou une chute de cheval, il faut du temps. Le chagrin d’amour est un accident de la vie. Une chute dans la vie. Il faut du temps aussi. Et remonter tout de suite… si possible…

Alors, combien de temps Isabelle ?

« D’aventure en aventure », Serge Lama ne s’est jamais remis de la perte de Liliane Benelli. Un autre Serge, Gainsbourg, mettra des années avant de faire son deuil de Brigitte Bardot. Bye bye BB… Et Paul et Virginie

Combien de temps Isabelle ?

Toute la vie ?

Mais peut-être les chansons ne disent pas la vérité… ?

Oui. Peut-être.

« On suivra les étoiles et les chercheurs d’or,
On s’arrêtera jamais dans les ports…
Même si tout est joué d’avance…
Y a que les routes qui sont belles… »

Bon Vol avec les Aigles, les Amis. Bon Vol au-dessus des rivières de chagrins qui rappellent que nous sommes vivants.

Fabian

(*) Quand on a dit que l’amour est la dimension narcissique de l’être, on a tout dit et on n’a rien dit car chacun est renvoyé à sa solitude. Le philosophe Emmanuel Levinas apporte, sur  les relations humaines, un éclairage qui va au-delà de la relation narcissique. L’expérience de la découverte du visage de l’autre, ouvre à la dimension subjective de l’autre et à la responsabilité que cela suppose ou à notre propre dimension subjective…

Olivier Roland : « il y a 2 clefs pour être l’acteur de sa vie : se former et agir ! »

Blogueur (Blogueur Pro, Des livres pour changer de vie, Habitudes Zen), infopreneur, globe-trotter, Olivier Roland est inspiré et inspirant.

Il nous explique ici comment il est devenu acteur de sa propre vie, comment il a progressé vers toujours plus d’autonomie, comment il a lutté et lutte encore contre la procrastination ! « Nous sommes câblés pour ça, dit-il, pour la gratification immédiate plutôt que pour de plus grands plaisirs à plus long terme.»

Il nous livre aussi les prémisses d’une étude scientifique démontrant que nous avons une quantité de volonté limitée chaque jour ! Ainsi, toute décision prise durant la journée, si futile soit-elle, diminuerait notre volonté, notre capacité à décider…

La suite dans la première partie de la vidéo !

Dans cette seconde partie, Olivier nous parle encore de procrastination et nous donne 2 techniques fun et efficaces pour la combattre : les pas de bébé et les 30 jours !

Il insiste sur l’importance des rituels et des habitudes. Car comme le dit Eben Pagan, « d’abord, vous créez vos habitudes, après, ce sont vos habitudes qui vous créent. »

Enfin, il nous encourage vivement à vivre nos passions. Sans passion, vous êtes l’acteur de la vie des autres. Il nous dit même comment les trouver si nous ne les connaissons pas !

Olivier Roland est un optimiste. Résolument. Mais un optimiste concret comme il le précise. Un homme de projets. Un homme d’actions. Bref : un Aigle à modéliser !

Bon vol avec lui les Amis et à bientôt,

Fabian

Quand allez-vous mourir ?

Etre acteur de sa vie, c’est aussi penser sa mort. La mort limite. Elle crée en nous, certains d’entre nous, une urgence à vivre. Qu’en serait-il si nous devenions immortels ? Fiction ? Réalité imminente ?

Chirurgien-urologue, auteur, chef d’entreprise, Laurent Alexandre nous livre, lors d’un remarquable TEDx Talk, les dernières vagues d’innovation de la science. Il évoque carrément un tsunami technologique, une médecine personnalisée pour bientôt, notamment, guérir du cancer… qui va toucher une personne sur quatre.

Pourquoi ces avancées ne nous sont-elles pas familières ? Deux raisons à cela dit-il :

  1. La science est encore dans une phase souterraine. Il y a eu assez peu de concrétisation visible par le grand public de ce qui est produit dans les laboratoires. La phase de démocratisation des nouveaux outils ne commence réellement que maintenant. La démocratisation du bricolage du vivant, c’est à partir de 2015.
  2. Les scientifiques eux-mêmes n’ont pas anticipé tout cela.

Si vous voulez savoir ce que sont les technologies NBIC et comment elles vont changer, modifier, bouleverser l’histoire de l’humanité, votre histoire, regardez vite cette vidéo :

Les technologies NBIC, ce sont :

  • La Nanotechnologie
  • La Biotechnologie
  • L’Informatique
  • La Cognitique : science du cerveau et de l’intelligence artificielle.

Les mots sonnent sans doute pour la plupart d’entre nous comme du jargon infâme, mais je vous assure que la conférence – qui ne dure que 12 minutes – est accessible et fascinante !

Certes, l’homme n’est pas fashion, certes il piétine beaucoup, mais Laurent Alexandre est un homme passionné et un orateur passionnant. Son sujet est passionnant. Et il vous passionnera.

Si, en outre, vous êtes intéressé par les techniques de prise de parole en public. Si vous avez lu ou feuilleté mon livre « Le crime de l’orateur », et que vous connaissez le premier secret des grands orateurs : « réussir son entrée et sa sortie. » Si vous voulez savoir ce qu’est une sortie réussie, regardez VRAIMENT la vidéo.

La sortie de Laurent Alexandre est la plus brillante que j’aie vue jamais. La plus forte. Et plus jamais vous ne verrez le réel de la même façon.

Bon Vol avec les Aigles les Amis et à bientôt,

Fabian

Bon sang : cessez de rêver !

« Pour survivre, dit Richard Miller, on n’a encore rien inventé de mieux que le rêve. Et le cinéma. » « Le futur appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves. » Ces mots sont d’Eleanor Roosevelt. « Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns. » Brel. Enfin, la plus jolie des citations, d’Oscar Wilde : « la sagesse, c’est d’avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit. »

Le monde applaudit à pleines mains. Les internautes s’échangent ces perles de sagesse à travers les médias sociaux. Moi-même j’ai dû poster ces phrases en guise de statuts sur Facebook.

Pourtant, à y regarder de près, Miller, Roosevelt, Brel, Wilde, ne nous disent rien d’autre que de nous comporter en lévriers. Vous avez déjà vu une course de lévriers ? Ils se précipitent derrière un leurre. Un LEURRE ! Une espèce de faux lapin qui bien sûr leur échappe, sans quoi la course se terminerait trop vite. Dupes les chiens ? Pas sûr. La fin de la course n’est pas vaine. Pas complètement. Ils ne dévoreront jamais ledit (faux) lapin mais recevront de la viande quand même. Une autre viande. Un autre gibier qu’ils auront cru chasser. Ainsi on trompe les chiens. Ainsi on s’assure de leur naïveté lors d’une course prochaine. Que demande le peuple ? Du pain et des jeux.

Au moins les chiens mangent quelque chose.

Vraiment, cela vous intéresse de poursuivre un rêve assez grand et de crever avant que de l’avoir touché ? Vraiment, allez-vous, allons-nous vivre la tête en l’air, le regard posé sur un horizon aussi lointain qu’improbable ? Vers des étoiles qui nous font miroiter un meilleur futur ? Vers des promesses ? Juste des promesses ?

La seule promesse est notre finitude.

Je ne veux pas mourir en poursuivant un rêve qui s’échappe, un rêve qui me nargue. Les rêves nous détournent du réel et oui Monsieur Miller, ils permettent de survivre. Pas de vivre.

Lors de ma première année au Cours Florent, une école de théâtre, Valérie Nègre, notre professeur, nous a demandés à Jérôme, Eric et moi, d’improviser une scène. L’angle : un tableau. « Les raboteurs ».

S'agenouiller ou rêver debout ?
Les Raboteurs

Les Raboteurs de parquet est un tableau du peintre français Gustave Caillebotte réalisé en 1875. Cette peinture à l’huile sur toile est conservée au Musée d’Orsay, à Paris.

Emporté par je ne sais quelle rage – le mot n’est pas trop fort ! -, je me suis alors vu me lever et conspuer ce dieu auquel je ne crois plus depuis si longtemps. Je lui disais que je ne voulais pas que ma peau soit en lambeaux, comme les copeaux de ce foutu parquet. Que je ne voulais pas être à genoux. Que je voulais vivre debout. Crever debout. « Crever d’bout t’entends ? J’veux crever d’bout ! » Les derniers mots de ce monologue improvisé.

Ma propre violence ce jour-là m’a sidéré. D’où venait cette rage désespérée ? Quand on crève justement, on n’est pas debout. Jamais.

Pas plus que ce jour-là je ne veux vivre à genoux. Mais debout devant la finitude. Mais conscient.

Mes rêves ? Je me contrefous de mes rêves. Réellement. Qu’ils aillent au diable ou à dieu. Je ne veux pas du rêve. Le rêve, c’est du néant. Je veux du palpable. Du vrai. De l’authentique. Je ne veux pas de néant avant le néant. Je veux du réel avant le néant. Je veux des rêves, mais avec des échéances. Et ça, ça s’appelle des PROJETS.

Les Aigles ne rêvent pas. Ils agissent et alors s’envolent. Que j’aimerais être comme ça.

Bon Vol avec eux les Amis !

Fabian

Le bonheur à cheval : récit d’un galop

Un premier virage à angle droit, un deuxième, un troisième. Le champ est ainsi tracé. Ainsi contourné par une large bande herbeuse. Caretina, la jument de Gary, chauffe. Son galop est sautillant, hoquetant. Gary. Les rênes lui brûlent la paume. Ombre est à sa hauteur. Je sens monter en elle comme une éruption. Le feu couve. Il couve sous moi. Bientôt la citerne. Gary dit qu’au virage de la citerne, c’est la ligne droite. La course commencera là.

Encore des virages. Encore des angles droits. Et les chevaux qui dansent. Citerne dans la ligne de mire. Un coup d’œil vif vers la droite. Une immense étendue d’herbe fraîche nous attend.

Gary et Caretina
Gary et Caretina

Gary et Caretina virent en tête. Bientôt je ne les verrai plus. Nous sommes côte à côte un instant mais irrésistiblement, Ombre se détache … puis s’envole. Depuis le début, mes rênes sont tendues. Je suis debout sur les étriers, muscles tendus aussi. Pas crispés. Là, je détends tout. Muscles, rênes. Je m’allonge sur Ombre. Elle a compris. Elle sait. Quelles images traversent la tête d’un cheval si toutefois il en traverse ? Se souvient-elle du parfum des champs de courses ? Des cris des parieurs ? Du vrombissement sourd des sabots sur la pelouse ? Sûrement elle se souvient.

À cet instant, comment décrire l’indescriptible ? Comment dire l’indicible ? Je voudrais arrêter d’écrire tant les mots manquent. Pour la beauté intense, il n’y a que le silence.

Ombre pour ... la Lumière …
Ombre pour … la Lumière …

 

Une déflagration. Un déferlement. Un déchaînement. Ombre n’est plus qu’énergie. Un condensé d’énergie qui fend l’atmosphère. Fondu en elle, je touche le bonheur. Le palpe. Pleurer de joie ? Presque. J’ai connu ça deux fois déjà. Ses foulées sont si longues, si longues. Je deviens Ombre. N’entends plus rien. Nous sommes propulsés vers un infini de liberté, un Paradis qui n’est que pour nous. Hors du monde. Hors du temps. Il a dû se suspendre. Il la regarde. Comme elle doit être belle. Sans doute son corps écume. Sans doute ses naseaux sont grands ouverts. Sans doute ses veines gonflées du sang de la joie.

Ombre ne touche plus le sol. Ou c’est le sol qui n’ose plus la toucher ? Il n’y a plus rien. Que nous. Que cette danse merveilleuse au rythme insensé. Que ce jaillissement pur pour l’éternité. Nous ne sommes plus sur la terre. Nous effleurons le ciel.

« Être à cheval a dit Jérôme Garcin, c’est être entre ciel et terre, à une hauteur qui n’existe pas. »

Cette hauteur-là, je la connais.

Si vous volez avec les Aigles les Amis, peut-être croiserez-vous un cheval. Elle s’appelle Ombre.

Fabian

 

Le non-sens de la Vie

À question ultime, réponse ultime. Quel est le sens, autrement dit, la signification, de la vie ? Il n’y en a pas. Sauf à croire en un être suprême – ce qui n’est pas mon cas -, sauf à se réfugier derrière le paravent des croyances qui nous tiennent à peu près debout face à notre néant. Nous en venons. Nous y retournons. La vie : simple couinement dans un océan de vide ? Comme une éraflure ou un rai de lumière – à vous de voir -, une poussière de conscience dans le néant de la conscience et l’infinité de la poussière. Pourtant, cette poussière-là est notre unique univers. Notre unique horizon. Et puisque tout est dit déjà car il n’y a rien à en dire, tout devient possible. La vie est une matière à pétrir, une pâte à modeler. Une œuvre toujours déjà en devenir, jamais aboutie. Détruite avant que d’être. Mais alors, quels éphémères artistes sommes-nous ? Et si la seule vraie question était celle-là ?

Si la seule vraie question était celle-là, voici ce que j’en dirais.

Notre responsabilité de vivant est grande. Comme le papillon a le devoir d’être beau, élégant, virevoltant, même trois jours, nous l’avons d’être des artistes œuvrant au mieux. Une vie courte n’est pas forcément petite. Une vie courte peut être dense, intense, riche. Un émerveillement, une lueur dans la nuit. Une vie courte peut être grande.

Une vie grande est une vie de sagesse, si le sage, comme Comte-Sponville l’exprime si bien, « regrette un peu moins, espère un peu moins et aime un peu plus. » Nietzsche, après Marc-Aurèle,  ne dit pas autre chose : « amor fati. » Aimer ce qui est, aimer son destin.

Regretter un peu moins c’est se débarrasser du passé. Il n’a aucune importance, il n’est plus. Fi de nos culpabilités. Fi de nos mauvais choix, fi de nos erreurs de trajectoire. Embarquez au présent les leçons du passé si et seulement si elles servent votre présent. Mais rompez avec le passé définitivement. Il est entrave. C’est l’une des premières techniques enseignées au jeune conducteur : regarde devant ! Le cavalier ne s’y prend pas autrement. Quant au motard, sa survie en dépend. Carrément. Regarder devant.

Espérer un peu moins c’est se débarrasser du futur. Des angoisses du futur. Des peurs du futur. Le futur n’a pas plus d’importance. Il n’est pas encore. Luc Ferry est clair à ce sujet : « une vie bonne, une vie réussie, est une vie sans peur. » Et notre incapacité à être bien tient souvent aussi de notre incapacité à apprécier ce qui est, à goûter ce qui est, à accepter ce qui est. Si vous vous concentrez sur ce que la vie ne vous donne pas, votre frustration est permanente. Votre angoisse. « Le temps court et je n’ai pas encore accompli tel rêve, vécu telle histoire, traversé tel continent. »

Acceptez. Acceptez ce qui est. Appréciez ce qui est. Pendant longtemps, mes 65000 kms parcourus par an en voiture, les embouteillages, ont pesé sur mes jours. Aujourd’hui je roule plus encore, les routes et autoroutes sont plus encombrées encore, les embouteillages insensés, les heures au volant innombrables. Depuis que j’ai accepté ça, tout ça, je ne suis plus affecté. Ou moins.

Mes nuits d’insomnie aussi ont pesé. Je les ai acceptées. Acceptées les douleurs, les souffrances, catapultées dans mes chansons. Utiles les douleurs, utiles les souffrances, pour entrer plus et mieux en empathie avec l’autre. Avoir vécu beaucoup pour comprendre plus et aider mieux. Même les souffrances sont utiles. Si acceptées. Apprivoisées.

Aimer un peu plus c’est donc ça : accepter le présent. Retrouver la magie de l’instant. Les châteaux de sable, les sculptures de glace, sont magnifiques parce que fugaces. Et quoi ? Leur fugacité devrait nous en détourner ? Nous empêcher d’en savourer l’harmonie, la pureté, la perfection ?

La vie, comme un château de sable qui s'efface avec le temps
La vie est un château de sable

Si la vie n’était qu’un seul battement de cils, ce battement serait. Et le sens du battement serait le battement. Comme le sens de la vie est la vie. Ni entrée, ni sortie. Juste la vie pour la vie. Un battement de cils d’artiste : harmonieux, pur, parfait. Ou y tendant. Une vie d’artiste donc. Harmonieuse, pure, parfaite. Ou y tendant. Chercher la beauté pour la beauté.

Pratiquement,  car la philosophie peut être opérative, l’artiste est celui qui cultive son talent. Qui le pousse à son paroxysme. Quel est le vôtre ? Pratiquement, l’artiste réussit moyennant trois conditions : il insuffle de la passion dans tout ce qu’il fait, dans tout ce qu’il est. Il apprend les meilleures techniques, il modélise les stratégies d’excellence. Il travaille, travaille, travaille, travaille, travaille, travaille, travaille, travaille, travaille, travaille, travaille, …

Si chacun de nous comprend que le sens de la vie est de ne surtout pas le chercher, mais bien de vivre grandement en nous sachant si petits, si chacun de nous choisit sa plus belle pierre – son talent -, la taille, la polit, si chacun de nous devient un artiste, un grand artiste, alors l’œuvre humanité sera plus belle, plus harmonieuse, plus pure, plus parfaite. Ou y tendant.

Vivons en artistes les Amis. Voler avec les Aigles, c’est ça.

Fabian

 

P.S. : Cet article participe au carnaval d’articles « Comment donner du sens à sa vie » du site http://developpementpersonnel.org, organisé par Jean-Louis du site http://mavieenmains.com

Vous voulez changer de vie ? Changez de posture !

Dans un précédent article intitulé « Avoir confiance en soi en un claquement de doigts », je vous expliquais la technique « Faites comme si » : faites comme si vous aviez confiance pour avoir confiance.

J’y reviens aujourd’hui avec un appui de taille, Amy Cuddy, spécialiste en psychologie sociale, diplômée de l’université de Princeton et professeur à la Harvard Business School.   

Votre corps, dit-elle, votre langage non verbal, forme votre esprit. Il le construit. Nos gestes donc, nos postures, modifient non seulement la façon dont les autres nous perçoivent, ce qu’ils pensent de nous et ce qu’ils ressentent à notre égard, mais aussi la perception que nous avons de nous-mêmes !

Notre corps a donc un impact immédiat sur nos pensées, nos émotions. Il les affecte réellement. Et c’est PROUVE !

Amy Cuddy l’explique dans un remarquable TED Talk que je vous invite à découvrir ici si toutefois vous comprenez l’anglais :

http://www.ted.com/talks/amy_cuddy_your_body_language_shapes_who_you_are

Dans une posture de faiblesse, le taux de testostérone, hormone de l’énergie, de la libido aussi, diminue, alors que le taux de cortisol, l’hormone du stress, augmente.

Wendy en position de faiblesse
Mon amie Wendy en posture de faiblesse extrême, main sur la nuque.
Gianni en position de faiblesse
Gianni en posture de faiblesse.
Rapport De Force
Avec Alex : le rapport de force n’est pas toujours celui qu’on croit !

A contrario, dans une posture de puissance, de pouvoir, le taux de testostérone augmente (moins chez la femme évidemment !) et le taux de cortisol diminue.

Gianni en posture de confiance
En posture de confiance ! Bon d’accord, il a des arguments !
Wendy en posture de puissance
Wendy en posture de puissance.
Kelly confiance
Kelly : sa maman lui a toujours dit de se tenir droite. On comprend pourquoi !

Si vous pouvez vous concentrer sur votre corps, le modifier, choisir une position de puissance, de pouvoir, ou simplement de confiance en soi, votre état d’esprit sera différent, vos pensées seront différentes, les autres vous verront différemment, VOUS VOUS verrez différemment, et vos résultats seront différents.

Amy Cuddy conclut par ces mots : « faites semblant d’être pour devenir ! »

Alors les Amis, faisons semblant d’être… des Aigles !

Bon Vol,

Fabian